L.-G. Schlumberger

Élements biographiques

L.-G. Schlumberger Revue des Deux Mondes T. 15, 1876

C’est une façon d’annoncer son triomphe urbi et orbi ; c’est une manière aussi, pour ceux que dévore l’ambition d’Erostrate, de se survivre sûrement à eux-mêmes et à leur victoire d’un jour ; mais ce n’étaient point de pareils soucis de gloire posthume qui tourmentaient les barons du moyen âge, tous ces princes, ces seigneurs, ces évêques, qui faisaient frapper monnaie partout et toujours, dans leurs villes et leurs châteaux.
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L.-G. Schlumberger Revue des Deux Mondes T. 15, 1876

On aime à voir et à déchiffrer une de ces monnaies, informe et barbare peut-être, mais authentique, de ces Tancrède, de ces Baudouin, de ces Boémond, héros aventureux qui s’en allaient jeter sur les rives du Jourdain et par-delà l’Euphrate les bases de ces principautés bizarres, dont les chefs et les soldats étaient des chevaliers et des gens d’armes de France, d’Italie et d’outre-Rhin, et les sujets des Bédouins du désert, des Arméniens de la montagne, des Syriens de Phénicie ou de Palestine.
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L.-G. Schlumberger Revue des Deux Mondes T. 15, 1876

A chaque expédition de terre-sainte, à chacun de ces nouveaux départs, moins importans, mais qui se répétaient à intervalles de plus en plus rapprochés dans tous les ports d’Occident, le même fait se renouvela, et, bien qu’alors les princes chrétiens devenus souverains en Orient se fussent mis depuis longtemps à frapper monnaie, l’argent d’Occident continua d’affluer sur la route du Levant. De là ces découvertes fréquentes que l’on fait en Syrie et jusque sur les bords de l’Euphrate de deniers appartenant à nos anciens rois ou barons de France.
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