“ Jérusalem sera élevée en gloire, et elle occupera le lieu où elle était d’abord, depuis la porte de Benjamin jusqu’à l’endroit où était l’ancienne porte, et jusqu’à la porte des angles ; et depuis la tour d’Hananéel jusqu’aux pressoirs du roi. 11 Jérusalem sera habitée, et elle ne sera plus frappée d’anathème ; mais elle se reposera dans une entière sûreté. 12 Voici la plaie dont le Seigneur frappera toutes les nations qui auront combattu contre Jérusalem : chacun d’eux mourra tout vivant, et verra son corps tomber par pièces ”
Roi de Jérusalem
Définition et enjeux
Citations sur “Roi de Jérusalem”
Pays par Arthur Loth (1893)
“ Jamais rien de plus grand ne s'était fait dans le monde. Les vainqueurs fondent le royaume français de Jérusalem dont le plus vaillant et le plus pieux des croisés, Godefroy de Bouillon, est le premier roi. ”
“ Jusqu’à ce moment je n’avais fait part de rien aux Juifs, ni aux prêtres, ni aux grands, ni aux magistrats, ni au reste du peuple qui devait s’occuper des travaux. 17 Je leur dis alors : " Vous voyez la misère dans laquelle nous sommes, Jérusalem est dévastée, et ses portes sont consumées par le feu. Venez, rebâtissons la muraille de Jérusalem, et nous ne serons plus un sujet d’opprobre. " 18 Et je leur racontai comment la main favorable de mon Dieu avait été sur moi, et aussi quelles paroles le roi m’avaient adressées. Ils répondirent : " Levons-nous, et bâtissons ! " ”
François-René de Chateaubriand,
Génie du christianisme
“ Mais la fortune change sans changer la valeur : Saladin reprend Jérusalem. Acre ou Ptolémaïde est bientôt le seul port qui reste aux Croisés en Palestine. On y voit réunis le roi de Jérusalem et de Chypre, le roi de Naples et de Sicile, le roi d’Arménie, le prince d’Antioche, le comte de Jaffa, le patriarche de Jérusalem, les chevaliers du Saint-Sépulcre, le légat du pape, le comte de Tripoli, le prince de Galilée, les Templiers, les Hospitaliers, les chevaliers Teutoniques, ceux de Saint-Lazare, les Vénitiens, les Génois, les Pisans, les Florentins, le prince de Tarente et le duc d’Athènes. ”
Auguste Maquet,
Paris sous Louis XIV : monuments et vues
(1883)
“ Jusqu'à leur départ pour la France ils n'avaient vécu que d'aumônes, n'ayant ni solde ni privilèges, et le roi, les grands et prélats de Jérusalem s'employaient à leur donner des secours, des biens, soit à temps, soit à perpétuité. ”
Christine Trivulce de Belgiojoso, Revue des Deux Mondes
“ Sortons maintenant du Saint-Sépulcre, cherchons les souvenirs de Jérusalem dans des lieux un peu moins fréquentés par les voyageurs. Les murailles de la ville sainte ne sont pas un de ses moins curieux monumens. S’il est une cité au monde qui conserve intactes les fortifications qu’elle a reçues au moyen âge, c’est assurément Jérusalem. Les bases de ces fortifications du côté de la vallée de Josaphat et du mont des Olives sont d’immenses pierres de taille de quinze à vingt pieds de long sur sept ou huit de haut, et on les fait remonter jusqu’au roi Salomon. ”
Charles Diehl,
En Méditerranée : promenades d'histoire et d'art…
(1933)
“ Hérode le Grand était roi des Juifs . Intelligent , habile , très épris de civilisation grecque et ne se soutenant que par l' appui de Rome , il aimait peu la vieille tradition juive et rêvait pour Israël un renouveau de grandeur profane . Aussi , pour l' éclat extérieur , son règne put rivaliser avec celui de Salomon . Lui aussi fut un grand bâtisseur , et sous sa main Jérusalem prit un aspect nouveau . Son palais , élevé sur la colline occidentale de la ville , fut une merveille de luxe et d' élégance , cachée à l' abri des tours grandioses qui le transformaient en une forteresse . ”
Adolphe Siret, Godefroy de Bouillon ; André Vésale (1865)
“ Mais si Jérusalem était conquise, le royaume chrétien restait à fonder sur les ruines de l'islamisme; il fallait un chef à cette province, une tête auguste qui, avec le titre de roi, fût, par ses talents, par ses vertus, par sa sagesse, le palladium destiné à sauvegarder le nouvel État. Chacun comprit la gravité du choix qu'on allait faire. Dans une réunion solennelle des chefs et des princes ehrétiens, on choisit, parmi les plus vénérés des guerriers et des prêtres, dix électeurs chargés de désigner le plus digne de la couronne. ”
Joseph Besson, La Syrie et la Terre sainte au XVIIe siècle… (1862)
“ Il faut que Jérusalem soit riche, puisqu'elle est appelée la cité du grand roi 1 ; il y avait son temple et ses anges tutélaires, il l'a consacrée même par sa présence, et par les mystères de sa vie et de sa mort. Jérusalem est riche, puisqu'elle a aujourd'hui ce même terroir qui nourrissait autrefois des millions de personnes, et qui faisait en partie subsister de si puissantes armées. La terre voisine de Jérusalem est si heureuse, et comblée des bénédictions du ciel, que du côté de Bethléhem elle est toute parfumée ”
Cataclysme, Suite. Le petit Office de la Vierge… (1876)
“ Alors Jérusalem revient en pensée : Cette cité du grand Roi est fondée, elle repose en Dieu, et les promesses de la cité céleste, dont elle est l'auguste parvis, sont accordées à tous les pèlerins, qui l'ont visitée dans son affliction, et des nouveaux triomphateurs qui doivent la protéger dans la paix. ”
“ C’est parce que ton Dieu aime Israël, pour le faire subsister à jamais, qu’il t’a établi roi sur eux, afin que tu rendes le droit et la justice. 9 Et elle donna au roi cent vingt talents d’or, et une grande abondance de choses aromatiques et de pierres précieuses ; et jamais il n’y eut depuis, à Jérusalem, de telles choses aromatiques, que celles que la reine de Scéba donna au roi Salomon. 10 Et les serviteurs de Hiram, et les serviteurs de Salomon, qui avaient apporté de l’or d’Ophir, apportèrent du bois d’Algummim, et des pierres précieuses. ”
Ancien Testament, Deuxième Livre des Machabées
“ Puis, s’étant entretenu à part avec les anciens, il résolut de ne pas attendre que le roi eût fait entrer son armée en Judée et se fût rendu maître de Jérusalem, mais de se mettre incontinent en marche et de tout terminer avec l’aide du Seigneur. Abandonnant donc au Créateur du monde le sort des armes, il exhorta ses compagnons à combattre bravement jusqu’à la mort pour les lois, pour le temple, pour la ville sainte, pour la patrie et les institutions, et il conduisit son armée aux environs de Modin. ”
François-René de Chateaubriand,
Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris
(1811)
“ Jérusalem fut bientôt assiégée, et l'étendard de la Croix flotta sur ses murs un vendredi 15, et selon d'autres, 12 de juillet 1099, à trois heures de l'après-midi. Je parlerai du siége de cette ville, lorsque j'examinerai le théâtre de la Jérusalem délivrée. Godefroy fut élu, par ses frères d'armes, roi de la Cité conquise. C'étoit le temps où de simples chevaliers sautoient de la brèche sur le trône : le casque apprend à porter le diadême ; et la main blessée qui mania la pique, s'enveloppe noblement dans la pourpre. ”
Les premières croisades et le royaume chrétien de Jérusalem (1879)
“ Ayant été aussitôt reconnue pour reine, elle reçut solennellement dans l'église du Saint-Sépulcre la couronne des mains de ce prélat. La levant aussitôt de dessus sa tête, elle la plaça sur celle de Lusignan, en disant : « Je vous choisis pour mon roi et mon «maître, et pour celui de Jérusalem, parce que l'homme * ne doit pas séparer ce que Dieu a uni. » Le grand-maître des Templiers appuya ce choix de toute son autorité, et tous les grands se virent enfin obligés d'y souscrire. Le seul Raymond, comte de Tripoli, ne put s'empêcher de manifester son mécontentement. ”
Abbé Rigaud, Souvenirs de Jérusalem, par le R. P. Rigaud… (1866)
“ N'oublions point, mes frères et mes compagnons, qu'il s'agit moins aujourd'hui de donner un roi qu'un fidèle gardien au royaume de Jérusalem. Celui que nous choisirons pour chef doit servir de père à tous ceux qui auront quitté leur patrie et leur famille , pour le service de Jésus-Christ et la défense des.. Saints-Lieux. Il doit faire fleurir la vertu sur cette terre où Dieu lui-même en a donné le modèle; il doit ramener les infidèles à la religion chrétienne ; les accoutumer à nos moeurs, leur faire bénir nos lois. ”
Émile Rouargue, Jérusalem et la Terre-Sainte : notes de voyage… (1865)
“ Tous les ecclésiastiques, gardiens du saint tombeau, avaient déserté le sanctuaire où ils croyaient voir l'abomination de la désolation annoncée par les menaces de l'Ecriture. Frédéric prit lui-même la couronne, et, la plaçant sur sa tête, il fut proclamé roi de Jérusalem sans aucune cérémonie religieuse. Les images des apôtres et des saints étaient voilées. On ne vit au pied des autels que des épées et des lances, et les voûtes sacrées rie retentirent que des bruyantes acclamations des guerriersl. ”
Amédée de Damas, Voyages en Orient par le R. P. de Damas… (1870)
“ La vraie Croix, autour de laquelle les guerriers chrétiens n'avaient cessé de se rallier, tomba entre les mains des infidèles, souillée du sang des évêques qui la portaient dans la mêlée. En voyant le signe de leur salut au pou ¬ voir de leurs ennemis, ceux qui combattaient encore restèrent tout à coup immobiles de douleur et d'effroi. Les uns jetaient leurs armes et attendaient la mort, les autres se précipitaient sur les glaives des Musulmans. Cent cinquante chevaliers, restés autour de l'étendard royal, ne purent défendre le roi de Jérusalem ”
François-René de Chateaubriand,
Itinéraire de Paris à Jérusalem
(1869)
“ Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris, sans doute; mais, pour être frappé d'un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays : il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer. Ecrasés par la Croix qui les condamne et qui est plantée sur leurs têtes, cachés près du temple dont il ne reste pas pierre sur pierre, ils demeurent dans leur déplorable aveuglement. ”
Jean-Joseph-François Poujoulat,
Histoire des croisades : abrégée à l'usage de la jeunesse
(1882)
“ Au jour marqué, une assemblée solennelle fut convoquée dans le palais de Godefroy sur le mont Sion : les princes, les barons, les hommes les plus éclairés et les plus pieux rédigèrent un code qui fut déposé dans l'église du Saint-Sépulcre, et qui reçut le nom d'Assises de Jérusalem. Les devoirs réciproques du roi, des seigneurs et des sujets furent réglés et déterminés. Ceux qui portaient les armes occupèrent seuls l'attention des législateurs ; la guerre était la grande affaire de ce royaume. Il fut à peine question des vilains, des cultivateurs, des prisonniers ”
Oscar de Poli,
Essai d'Introduction à l'Histoire Généalogique
“ Je pourrais multiplier à l'infini les citations probantes [219] ; je n'ajouterai que cette observation: les coutumes du royaume de Jérusalem étaient calquées sur celles du royaume de France; or «les bourgeois de Jérusalem pouvaient être en même temps hommes ou barons du Roi, et par conséquent appartenir à des familles nobles [220] .»Ces prémisses acquises, on n'a plus de surprise lorsqu'on voit armer chevaliers en 1187 une fournée de cinquante bourgeois [221] ; Louis VI conférer aux maïeurs des bonnes villes les insignes de la chevalerie ”
Cornelis Petrus Tiele, Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiques… (1882)
“ Les captifs d'Israël reviendront, se réuniront à Juda et vivront sous le gouvernement de bons princes qui les rendront heureux. Alors, on ne s'enquerra plus de l'arche de Yahveh, on n'y doit même plus songer. Jérusalem même sera le trône de Dieu, où les nations viendront pour l'adorer. Ainsi, rétablissement du peuple dans son intégrité, sanctification de Jérusalem, culte épuré et spirituel, suprématie religieuse d'Israël sur tous les peuples, conversion des Gentils, tel fut l'idéal de Jérémie. ”
François-René de Chateaubriand,
Itinéraire de Paris à Jérusalem
(1869)
“ Saint-Jean de Jérusalem, devenus les chevaliers de Rhodes et de Malte, les chevaliers teutoniques, conquérants du nord de l'Europe et fondateurs du royaume de Prusse, sont aujourd'hui les seuls restes de ces croisés qui firent trembler l'Afrique et l'Asie, et occupèrent les trônes de Jérusalem , de Chypre et de Constantinople. ”
Émile Rouargue, Jérusalem et la Terre-Sainte : notes de voyage… (1865)
“ Comme aux meilleurs temps de la monarchie, chacun se reposa sous sa vigne et sous son figuier, selon le mot des Écritures. La paix et la tranquillité furent si grandes que, durant trois siècles environ, Jérusalem ne vit aucun mouvement, ni rien de ce qui fait la matière ordinaire des histoires. Telle fut la prospérité des Juifs après le retour de Babylone que les prophètes, en l'annonçant d'avance, l'ont présentée comme la riante image du règne du Messie et qu'on lit encore avec joie la belle peinture qu'ils en ont faite2. ”
Charles Franz Zimpel, Le Millénaire. Extrait des deux ouvrages du docteur Zimpel… (1866)
“ S'il est question enfin des rois qui apporteront dans cette nouvelle Jérusalem tout ce qu'ils ont de plus précieux et de plus magnifique, nous ne devons pas nous imaginer que ce soient ceux qui règnent actuellement sur la terre. ”
Amédée de Damas, Voyages en Orient, par le R. P. de Damas… (1866)
“ L'histoire des persécutions intentées, depuis des siècles, contre les Chrétiens de Jérusalem, ferait à elle seule la gloire de l'ordre illustre des Franciscains, et rendrait sa mémoire impérissable, si d'ailleurs il n'avait pas, dans son présent et dans son passé, mille autres titres à la vénération des peuples. A l'heure marquée pour la chute du royaume de Jérusalem, Dieu suscita un homme extraordinaire auquel, entre autres missions, il donna celle de fonder par la prière et par la souffrance, un royaume plus glorieux que celui de Godefroid de Bouillon. ”
Félix Bovet,
Voyage en Terre Sainte, par Félix Bovet…
(1862)
“ La destinée de Jérusalem sous les rois de la maison de David, sous les successeurs d'Alexandre, sous les Asmonéens, sous les Hérodes, sous les gouverneurs romains, sa résistance héroïque aux armées de Titus et sa ruine lamentable, tous ces faits ont été assez popularisés par la Bible et par Josèphe pour que je n'aie pas besoin de m'y arrêter. Chacun sait aussi que l'empereur Adrien, irrité contre les juifs et voulant ôter à Jérusalem le prestige de Son nom et de ses ruines, la fit rebâtir sous le nom païen d'AElia-Capitolina et la consacra à Jupiter. ”
Jean-Joseph-François Poujoulat,
Variétés littéraires (Nouvelle éd…
(1868)
“ Le royaume français de Jérusalem , fondé par des prodiges de bravoure, ne put durer que quatre-vingt-huit ans, et quelques hommes qui vont nu-pieds avec la robe de laine et le cordon blanc, sans autres armes que la prière, sans autre bouclier que la persévérante énergie de la foi, se succèdent à travers les temps autour du Calvaire et de la crèche de Bethléem, sorte de dynastie religieuse toujours soumise à la même règle et se soutenant par la pauvreté et l'oraison ! ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ Sa conquête du royaume de Jérusalem. A. D. 1187. Juillet 5.Le royaume de Jérusalem dut sa courte existence [59] aux discordes des Turcs et des Sarrasins. Les califes fatimites et les sultans de Damas se laissèrent entraîner à sacrifier la cause de leur religion à quelques avantages présens et personnels. Mais les forces de l’Égypte, de la Syrie et de l’Arabie se trouvaient alors réunies sous l’empire d’un héros que la nature et la fortune semblaient avoir armé contre les chrétiens ; tout, autour de Jérusalem, portait un aspect menaçant ; tout, au dedans, était faible et ruiné. ”
L.-A. de Montigny, Blanche de Quélen, ou l'Héroïne chrétienne… (1845)
“ Élevé au-dessus de ses frères , il préférera à la suprématie du rang la suprématie des vertus, et quand il verra les rois et les princes, et le peuple immense de la première cité du monde prosternés à ses pieds, il demeurera doux et humble de coeur comme son divin Maître, quand Jérusalem s'agitait pour lui préparer dans ses murs une entrée triomphante. ”
“ Les élus de ce premier royaume ressuscitent et règnent mille ans sur la terre avec le Christ. Ce n’est pas que le reste de l’humanité ait disparu, ni même que le monde entier soit devenu chrétien ; le millenium est au centre de la terre comme un petit paradis. Rome n’existe plus ; Jérusalem l’a remplacée dans son rôle de capitale du monde ; les fidèles y font un royaume de prêtres [246] ; ils servent Dieu et Christ ; il n’y a plus de grand empire profane, de pouvoir civil hostile à l’Église ; les nations viennent à Jérusalem rendre hommage au Messie, qui les maintient par la terreur. ”
Ernest Renan,
Revue des Deux Mondes
“ La dynastie des grands-prêtres fut constituée en listes officielles, qui viendront jusqu’au siège de Titus. Les dîmes feront la force et la richesse de ce pouvoir nouveau. Israël n’est plus une nation ; c’est une communauté ecclésiastique. Jérusalem offrira le premier exemple de la matérialisation d’un pouvoir spirituel. La Rome papale y trouvera un modèle qu’elle saura magistralement imiter. Il est plus difficile de dire quand s’acheva ce travail de législation sacerdotale que de dire quand il commença. La restauration du culte à Jérusalem en marque le point culminant, mais non la fin. ”
