Résumé

Portrait de Abel Hugo Abel Hugo Revue des Deux Mondes

Ce fut au congrès de Lunéville que mon père vit pour la première fois celui qu’il devait suivre plus tard à Naples et à Madrid ; ce fut à Lunéville que commença entre Joseph Napoléon et lui cette liaison, que l’ancien roi d’Espagne, dans ses lettres, appelle encore aujourd’hui de l’amitié, amitié bien réelle et bien éprouvée, puisqu’elle a résisté à ces deux grandes choses qui, d’ordinaire, n’ont pas d’amis, le trône et l’exil.
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Ce fut avec surprise que je vis entrer dans la salle du trône un petit vieillard à cheveux blancs, encore agile et droit, malgré son âge, revêtu d’un grand uniforme de maréchal-de-camp espagnol, et portant autour du cou, suspendus à une chaîne, les insignes de la toison d’or. Je savais qu’un très petit nombre d’Espagnols en avaient été décorés par les rois Charles iii et Charles iv. Je demandai son nom à Aristizabal : c’était le comte de Montézuma, grand d’Espagne. — Ce descendant des empereurs du Mexique, n’était pas un des courtisans les moins dévoués de Joseph.
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On réclamait la liberté individuelle, en s’écriant : « Accorderez-vous à l’Espagnol moins de sûreté et de protection que ne lui en donne un roi français ? Ferez-vous pour la liberté individuelle moins que le frère de Napoléon ? »
Néanmoins, il faut le dire, tant que les armées françaises occupèrent l’Espagne, la constitution de Cadix eut peu d’influence sur l’esprit du peuple espagnol, et par suite sur les événemens de la guerre. Elle y resta même presque inconnue jusqu’en janvier 1814, où la rentrée de nos troupes en France permit aux cortès et à la régence de venir siéger à Madrid.
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