Résumé

Stanislas Girardin Mémoires, journal et souvenirs de S. Girardin… (1829)

Lorsque vous étiez prince français, j'étais votre Premier-écuyer, sans avoir cessé d'être membre du Tribunat ; lorsque vous fûtes élevé au trône de Naples, mes rapports avec vous continuèrent à être les mêmes ; lorsque vous reçutes la couronne d'Espagne, j'avais besoin, pour vous suivre dans ce pays, de l'autorisation de l'empereur : elle m'a été accordée à certaines conditions, et ces conditions ne pourraient être changées sans son consentement. Je vous l'ai déjà dit, et vous le répéterai encore : exiger d'un Français de renoncer à sa
patrie, c'est lui imposer le plus grand des sacrifices.
Source : Gallica

Stanislas Girardin Mémoires, journal et souvenirs de S. Girardin… (1829)

Girardin. — Il ne veut pas céder tout, et vous-même ne voulez rien céder. Si l'empereur vous envoyait en Portugal, sans parler de votre femme et de vos enfans, vous ne pourriez lui refuser de vous y rendre. S'il vous disait : Acceptez le trône, et dans un an tout s'arrangera, vous ne pourriez refuser.
Lucien. — Il ne me tiendrait pas ses promesses.
Girardin. — Pourquoi ? croyez qu'il est dans vos intérêts, dans ceux de votre famille, d'arriver à une réconciliation qui augmentera la force de tous et contribuera au bonheur de chacun.
Source : Gallica

Stanislas Girardin Mémoires, journal et souvenirs de S. Girardin… (1829)

C'est ce caractère qui devait faire que l'Espagne deviendrait le tombeau de plus de cent mille Français, et que nous ne parviendrions jamais à la subjuguer. J'ai vu des cultivateurs espagnols considérer avec un regard tranquille le pillage de leurs propriétés ; j'ai vu des paysans, témoins de l'incendie de leurs chaumières, ne point proférer une plainte. Se plaindre à un de nos généraux eût été considéré comme une bassesse. La haine est dans leurs yeux, et la vengeance dans leurs coeurs. L'espoir de pouvoir en assouvir un jour toutes les fureurs, est leur seule consolation.
Source : Gallica

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