“ Lorsque le Salon, chaque année, se ferme à la curiosité publique, que reste-t-il de tout le bruit que la critique a fait autour des œuvres qu'il renferme? rien. Pas un conseil pour ceux qui se sont égarés, pas un encouragement pour ceux qui laissent espérer de leurs essais un avenir brillant, si le talent, quoique jeune et inexpérimenté, était fécondé par d'utiles remontrances. L'art n'y a rien gagné, et le public n'a pas été mieux instruit que les artistes de la valeur réelle des œuvres qu'il a vues. ”
Résumé
L’Album du salon de 1844, publié à la suite de l’exposition parisienne, rassemble les œuvres majeures exposées au Louvre, reproduites par les artistes eux-mêmes ou sous leur supervision. Ce recueil, consacré à la peinture, met en valeur les talents de figures telles qu’Horace Vernet, dont le portrait du baron Pasquier est acclamé pour sa ressemblance et sa noblesse.
Thèmes centraux : le paysage, le portrait, la mise en scène et la maîtrise technique. Les textes commentent des toiles variées, allant des scènes de genre aux paysages italiens, soulignant l’évolution artistique et les subtilités de chaque œuvre. L’ouvrage témoigne d’une volonté de conserver l’héritage pictural, en mettant à l’honneur à la fois la précision des détails et l’émotion des compositions.
Citations de Album du salon de 1844 : collection des principaux ouvrages exposés au Louvre reproduits par les peintres eux-mêmes ou sous leur direction… ()
“ Le portrait de M. le baron Pasquier est une œuvre capitale. Le noble chancelier, revêtu de son costume officiel, dépouille le scrutin. Dire que la ressemblance est parfaite ne suffirait pas, et le talent de M. Horace Vernet va plus loin. Jamais physionomie n'a été rendue avec plus de naturel ; la pose a de la dignité, mais de la dignité simple et sans apprêt. Quant aux accessoires, aux draperies, aux étoffes, on reconnaît toute l'habileté du maître. Un traîneau russe est une jolie composition, bien petite, mais pleine de gracieux et piquants détails. ”
“ Pour nous, qui préférons la vérité au faux éclat, nous ne pouvons méconnaître les progrès de ce peintre, et l'heureux résultat de son voyage en Italie. — Voici un autre Saint Sébastien percé de flèches et secouru par les saintes femmes. Cette œuvre de M. Ernest Carouget ne mànque ni de grandeur ni d'élévation, les poses ont de la noblesse,-et la composition, quoique un peu restreinte, a des qualités réelles. Les saintes femmes ont la douleur peinte sur leur figure, douleur profonde qui ne s'exprime pas par des gestes dramatiques, mais par une contraction de leurs traits admirablement rendue. ”
