“ « Les combattants s'étant successivement rapprochés, on en vint enfin à un engagement qui fut d'abord indécis, mais où les forces se trouvaient extrêmement inégales. Bientôt les nôtres, persévérant avec le plus grand courage, et tout remplis de la grâce céleste qui les rendait plus forts que de coutume, jetèrent le désordre dans les rangs des ennemis, et les mirent en fuite après en avoir tué un grand nombre. » Ainsi parle Guillaume de Tyr en son naïf langage. Il a bien inspiré M. Larivière qui a exposé aussi un bon portrait en pied du maréchal Drouet, comte d'Erlon. ”
Guillaume de Tyr
Définition et enjeux
Citations sur “Guillaume de Tyr”
Auguste Bernard, Des Armoiries des comtes de Lyon et de Forez et des sires de Beaujeu… (1867)
“ Je ne sais s'ils en eurent avant Guillaume III ; mais il est certain que celui-ci ne put se dispenser d'en avoir, puisqu'il conduisit des troupes à la première croisade, où il mourut, comme on l'apprend de Guillaume de Tyr. Il fallait bien, en effet, que ses troupes eussent une bannière, et il me semble tout simple d'admettre que cette bannière faisait allusion au nom du pays qu'elle représentait, au moyen d'un jeu de mots analogue à celui du lion. ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ « mais les matériaux étaient sous la main, des pierres en « abondance, et du bois pour les soutenir. On enfonçait « facilement le pilotis, dont la vase formait le ciment (i) . » Il est clair, d'après ce qui précède, que l'île tyrienne était absolument séparée du continent; et, si l'historien ne nous a pas fait connaître la largeur du détroit, Guillaume de Tyr, témoin oculaire, a suppléé à cette lacune, en évaluant la longueur de la chaussée d'Alexandre à la distance que peut parcourir un trait lancé par une flèche, c'est-à-dire, 5o ou 60 mètres. ”
Alexis-Guillaume-Charles-Prosper de Hody, Godefroid de Bouillon et les rois latins de Jérusalem… (1859)
“ L'histoire de Guillaume de Tyr ne va pas jusqu'à la mort de son royal élève , Baudouin IV, dit le lépreux ou le mézel, mais son continuateur, Hérold (1) , dit à son tour, sans toutefois indiquer ses preuves , qu'à la mort du roi Baudouin IV, son corps fut porté au Calvaire dans le lieu destiné à la sépulture des rois : « Corpus ejus , postquàm mors ejus palàm fada » est, per principes , mausoleo regio in calvariae loco illatum, » atque solemni principum pompa funeratum est, moerenlibus » publiée cunctis, Tyrensi archiepiscopo , pro sede sancti » sepulchri, ipsum laudante. Lib. ”
Amédée de Damas, Voyages en Orient par le R. P. de Damas… (1870)
“ Ensuite vinrent les Sarrasins, qui détruisirent, en 636, l'édifice chrétien. Les Croisades le relevèrent pour un temps, et à la suite du siège mémorable de 1124, le doge de Venise et le comte de Tripoli rétablirent le culte de la croix. Tyr redevint un archevêché, et le célèbre Guillaume, l'un de ses prélats, a laissé un nom immortel. Depuis 1291, le croissant y domine seul, et avec lui règne la désolation. Le voyageur cherche en vain les vestiges de la gloire et de la richesse de Tyr dans la population de Sour. ”
Ph. Le Bas, Revue des Deux Mondes
“ De même que parmi tous les rois, le roi des Tyriens est le plus puissant, de même aussi la ville de Tyr est la plus grande et la plus riche de toutes les villes. C’est elle qui a inventé tous les arts. ”
Casimir Raffy, Grands faits de l'histoire ancienne et de l'histoire générale du Moyen Âge… (1868)
“ Ces peuples n'occupaient qu'une lisière assez étroite le long des côtes de la mer, et Tyr elle-même était bâtie dans un terrain fort ingrat, et qui, quand il aurait été plus gras et plus fertile, n'aurait pu être suffisant pour nourrir ce grand nombre d'habitants que les premiers succès de son commerce y avaient attirés. ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Le témoignage de Flav. Josèphe vient à l'appui de celui de Strabon. L'historien hébreu , qui vivait dans le pays , et après le temps d'Auguste, ne peut guère avoir commis l'erreur qu'on reproche au géographe grec ; cependant il dit positivement que Tyr et Sidon conservaient leur indépendance, ce qu'Ulpien, natif de Tyr, affirme à son tour (i) . Pendant toute la période qui sépare l'époque de la première invasion de la Phénicie par les Arabes et celle de la conquête de ce pays par Alexandre, la ville qui nous occupe fut nommée Tyros par les Macédoniens et les Grecs, et Tyrus par les Romains ”
Albert Réville,
Revue des Deux Mondes T.105, 1873
“ La trahison facilita sa conquête. Une digue énorme, construite avec les débris de Tyr continentale, relia désormais Tyr insulaire à la côte, et ses habitans furent rudement châtiés. Longtemps encore, et même pendant toute la durée de l’empire romain, Tyr vécut de sa vieille réputation, du moins elle vivota. Son port, était toujours fréquenté, ses marins estimés, mais elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Sour ou Tyr actuelle occupe à peine les deux tiers de l’ancienne île, et ressemble à un village plutôt qu’à une ville ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Le cataclysme de l'année 143 avant J,-G, acheva de rendre tout à fait impossible le retour de cette prépondérance que Tyr avait longtemps exercée sur les autres villes de la Phénicie; réduite aux dimensions que lui laissa l'envahissement des flots de la mer, elle ne pouvait plus devenir une ville importante qu'à la condition de renoncer à la force qu'elle tirait de sa position insulaire ”
Lucien Leclair, Traité d'analyse grammaticale et logique… (1872)
“ Les Tyriens, par leur fierté, avaient irrité contre eux le grand roi Sésostris qui régnait en Egypte et qui avait conquis tant de royaumes. Les richesses qu'ils ont acquises par le commerce et la force de l'imprenable ville de Tyr, située dans la mer, avaient enflé le cœur de ces peuples ”
Amédée de Damas, Voyages en Orient par le R. P. de Damas… (1870)
“ La première fut fondée vers 1900 avant J.-C et détruite, en 572, par Nabuchodonosor. Réfugiés dans l'île, les restes des Tyriens élevèrent alors la deuxième ville qu'on peut regarder comme la continua ¬ tion de la première. Les débris de la première Tyr se nommaient Palac-Tyros ou vieille Tyr. Tyr avait deux portes ; ses murailles étaient très-fortes ; le détroit qui la séparait du continent la rendait presque inexpugnable, longtemps elle forma un état à part, qui était le plus riche de la Phénicie. Tyr brillait principalement par sa marine ; on la nommait la Reine des mers. ”
Jurien de La Gravière, Revue des Deux Mondes
“ Voilà pourquoi votre grande image constamment me poursuit et vient si souvent faire tort dans ma pensée aux soldats d’Alexandre. La dernière heure de Tyr a sonné. Les Tyriens peu à peu reculent ; les plus courageux se laissent égorger sur place, les autres s’enfuient à travers les rues ; ils vont donner sur les troupes qui accourent du port intérieur. Le combat a cessé, le carnage commence. Les Macédoniens avaient à se venger de la longueur du siège ; Tyr les retenait sous ses murs depuis sept mois. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Tyr n’étoit pas moins guerriere que commerçante ; cet immense négoce qui fit sa gloire, & dont l’ingénieux auteur de Télémaque nous offre un magnifique tableau, étoit soutenu par des troupes nombreuses de terre & de mer. De fréquentes révolutions firent succéder plus d’une fois à ses prospérités les plus affreux malheurs. ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Sous le règne des Turcs le nom de Tyr est tombé dans l'oubli; quand quelques voyageurs, conduits par l'amour de l'antiquité, sont allés chercher les ruines de cette grande métropole de la Phénicie, ils n'ont plus rien retrouvé de son antique splendeur. « Tyr était devenue une ville désolée comme sont les villes qui ne sont plus habitées , l'abîme était tombé sur elle, » selon les paroles d'Ezéchiel ; monuments, forts, terrain même, « les grosses eaux avaient tout recouvert, » ainsi que cela avait été prédit (1) ”
“ Tyr eut seul ce courage, et les Ases n’ayant pas voulu déchaîner Fenris, il coupa d’un coup de dent la main de Tyr, à la place appelée aujourd’hui, en mémoire de cet événement, le Joint-du-Loup. Tyr est donc manchot ; cependant les hommes ne le considèrent pas comme un pacificateur parmi les hommes. ”
Eugène Muller, Grands souvenirs historiques..… (1902)
“ Tributaire des Séleucides jusqu'au jour où les Romains s'en rendent maîtres, Tyr suivit dès lors le sort du royaume de Syrie. Lors des grandes expéditions chrétiennes, elle devint place d'armes des croisés. Reprise par les infidèles, conquise de nouveau par les chrétiens, elle alla depuis s'annihilant de plus en plus. La Tyr d'aujourd'hui, Sour, n'est qu'une bourgade, s'élevant un peu au sud de l'ancienne métropole du commerce phénicien, où deux ou trois mille habitants vivent de pêche et d'un assez pauvre commerce. ”
Alcide Leroux, Esquisses sur l'Orient : Tyr, Sidon (1882)
“ Ce que vous cherchez, ce n'est pas la ville actuelle, ce n'est pas Sour, mais Tyr. Hélas ! vous ne la trouverez pas, vous savez qu'il n'en reste rien, mais vous la cherchez encore. Vous ne voyez point ce peuple dégénéré qui vous regarde d'un oeil où se lisent l'apathie et je ne sais quelle timidité cruelle et jalouse ; vous ne pensez qu'à elle; vous sentez que vous foulez ses cendres. Son souvenir remplit l'air que vous respirez. Ces êtres oisifs et languissants qui glissent ou rêvent le long des murailles ne vous semblent pas une génération vivante. ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Malgré l'excès de son infortune, Tyr se releva encore; son heureuse situation, la fertilité des terres qu'elle possédait sur le continent, la douceur et la salubrité de ses eaux, lui ramenèrent bientôt de nouveaux habitants ; et on la vit refleurir, non plus par lecommerce dont Alexandrie lui avait enlevé le monopole, mais par l'industrie. La fabrication de la pourpre et celle de la verrerie ne lui valurent pas moins de richesses que de renommée, et elle redevint une grande ville sous les Séleucides et les rois de Syrie qui l'avaient laissée indépendante. ”
Joseph Malliot, Recherches sur les costumes, les moeurs… (1804)
“ Les maisons de Tyr, selon Strabon, étaient plus hautes que celles de Rome. Les armes des Tyriens étaient les mêmes que celles de la plupart des Orientaux : ils combattaient souvent avec la hache, et se servaient aussi de la fronde. La chaussure des jeunes Tyriennes était, selon Virgile, un cothurne teint en pourpre : la pourpre la plus belle venait de Tyr; il y en avait de trois especes; l'une d'un rouge foncé tirant sur le violet; l'autre, moins précieuse, était d'un rouge écarlate; celle qui était de la couleur du sang de bœuf était la plus recherchée. ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Voici donc les deux grands ports de Tyr retrouvés, et nous ne serons plus réduits à demander où ces marchands qui sont assimilés à des princes abritaient les innombrables vaisseaux qui couvraient la mer de leurs mâtures. La puissance de cette ville, qui seule sut arrêter Alexandre au moment où il venait de renverser les six cent mille soldats de Darius, nous paraîtra désormais moins problématique. Mais terminons cette digression, et revenons à Maundrell. Chaque ligne de la description faite d'après nature, contient un renseignement utile. ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Malgré l'inconvénient que Strabon signale, et qui n'avait pu échapper à l'observation des Tyriens, de construire des maisons aussi élevées sur un sol souvent secoué par des tremblements déterre, la nombreuse population de Tyr avait néanmoins été contrainte de suppléer par ce moyen à l'insuffisante superficie de l'île dans laquelle elle tenait à rester enfermée. On comprend que les Tyriens restés libres se soient soumis à beaucoup d'inconvénients plutôt que de renoncer à une position géographique qu'ils devaient nécessairement considérer comme la meilleure garantie de leur indépendance. ”
Maurice Dunan, Histoire ancienne des peuples de l'Orient… (1886)
“ La populace de Tyr, composée de matelots, d'ouvriers du port, des gens pauvres, tendait à dominer; les familles aristocratiques et riches émigrèrent avec les gens attachés à leur fortune et se rendirent dans les colonies déjà fondées qui devinrent indépendantes. Enfin le grand prêtre d'Astarté, Ithobaal, se fit reconnaître roi de Tyr et établit un pouvoir fort et respecté. Les Phéniciens tenaient toujours à l'alliance juive. Ithobaal fut heureux de voir Amri, roi d'Israël, lui demander pour son fils Achab la princesse tyrienne, Jézabel. ”
F. de Lagenevais,
Revue des Deux Mondes
“ Je crois pourtant M. Tyr plus dans le vrai et dans les saines pratiques. M. Tyr fond ses teintes et modèle avec une grande délicatesse. Il possède à la fois une couleur moelleuse et un dessin très arrêté, et ne vise nullement au trompe-l’œil. On remarque surtout de M. Tyr un portrait d’enfant, vêtu d’une blouse bleue, d’une solidité et d’une douceur incroyables. ”
J.-G.-Eugène Durand, Étude sur le prêt maritime en droit romain et sur les assurances maritimes en droit français… (1873)
“ Quoi qu'on ait dit pour expliquer la prospérité dé la ville de Tyr, on est encore étonné qu'un si petit Etat, si bien fait, en apparence , pour la médiocrité ou pour être la proie d'un autre, se soit élevé à un tel degré de gloire et de puissance, et occupe tant de place dans l'histoire des grandes nations. ”
Nicolas-Gustave Magdelaine, Voyage aux deux Jérusalem, par M. l'abbé Magdelaine… (1863)
“ J'étais également brisé, et Tyr apparaissait dans le lointain comme un songe qui fuit toujours. Je rêvais les plus tristes choses, et jamais je ne fus si découragé qu'en ce moment, où ne pouvant plus me tenir à cheval à cause de la violence de la douleur, je ne pouvais descendre sans me sentir saisi par le froid qui alors était très piquant. ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Il y a certainement identité entre la ville qui résista à Salmanazar et celle qui fut plus tard ruinée par Nabuchodonosor : c'est là la Tyr insulaire que l'histoire nous représente à différentes époques comme s'isolant des alliances qui réunissaient les autres villes de la Phénicie, et résistant seule à des armées triomphantes. ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Diodore nous apprend qu'il n'y avait que quatre-vingts trirèmes dans les ports de Tyr. Nous avons déjà vu dans Arrien que le roi Azelmicus était en mer, probablement avec une partie des forces navales de ses États, lesquelles ne devaient pas être très-considérables. Tyr en paix avec les Perses n'avait pas besoin de forces maritimes imposantes ; la marine indispensable à sa prospérité, c'était la marine marchande ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Pline, dans son Histoire naturelle, donne sur l'étendue de Tyr et Palaetyr des renseignements curieux qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Après avoir dit que Tyr formait anciennement Une île séparée du continent par un espace de sept cents pas, et que ce détroit fut comblé par les travaux qu'Alexandre fit exécuter pour s'emparer de cette ville, Pline nous apprend que Tyr et Paloetyr réunies avaient une circonférence de 19 milles, tandis que celle de Tyr seule n'était que de 22 stades. ”
Paul Prat, Précis d'histoire ancienne (1882)
“ Les Tyriens, chassés par les Grecs des îles de l'Archipel, cherchèrent des compensations à l'ouest. Ils fondèrent Utique en Afrique, aux portes de la future Carthage, puis découvrirent l'Espagne. La découverte de l'Amérique vingt-cinq siècles plus tard, ne fut pas un fait plus considérable. Le trajet était long de Tyr en Espagne, les vaisseaux s'arrêtèrent à Malte, en Corse et en Sardaigne. Au onzième siècle, les Phéniciens s'allièrent avec les Juifs contreles Philistins. David et Salomon régnaient et tous les récits constatent les bons offices qu'Hiram, roi de Tyr, leur rendait. ”
Antonin Thivel, L'Orient : tableau historique et poétique de l'Égypte (1880)
“ Il fallut à la terre des Pharaons l'apparition d'un conquérant aussi magnanime qu'ils peuvent l'être, d'Alexandre, pour retrouver quelque vie. La destruction de Tyr inaugura cette ère nouvelle. Les Tyriens s'étaient trompés sur la puissance du jeune conquérant, sur la générosité de son caractère et sur la force de sa volonté : le fils de Philippe, déjà vainqueur de Darius, s'offensa de leur insolence; il jura par Hercule d'anéantir ce peuple corrompu. Toutes les ressources de son génie militaire furent consacrées à abattre la puissante reine des mers. ”
Jules de Bertou, Essai sur la topographie de Tyr… (1843)
“ Strabon parle ensuite du nombre d'étages qu'on donnait aux maisons de Tyr : « On dit, » lisons-nous dans le géographe, « que les maisons ont (à Tyr) un nombre d'étages plus grand « encore qu'à Rome. » Remarquons d'abord que l'emploi du verbe (on dit) confirme l'opinion de ceux qui croient que Strabon n'a jamais visité la Phénicie ”
Fénelon,
Aventures de Télémaque suivies du recueil des fables
“ Les Tyriens sont industrieux, patients, laborieux, propres, sobres et ménagers ; ils ont une exacte police ; ils sont parfaitement d’accord entre eux ; jamais peuple n’a été plus constant, plus sincère, plus fidèle, plus sûr, plus commode à tous les étrangers. Voilà, sans aller chercher d’autres causes, ce qui leur donne l’empire de la mer et qui fait fleurir dans leurs ports un si utile commerce. ”
