“ Mais nous sommes plus sûrs de l’ancienne grandeur des Romains et des Grecs que de celle de Sésostris. Je ne nie pas que celui qu’on appelle Sésostris n’ait pu avoir une guerre heureuse contre quelques Éthiopiens, quelques Arabes, quelques peuples de la Phénicie. Alors, dans le langage des exagérateurs, il aura conquis toute la terre. Il n’y a point de nation subjuguée qui ne prétende en avoir autrefois subjugué d’autres : la vaine gloire d’une ancienne supériorité console de l’humiliation présente. ”
Sésostris
Définition et enjeux
Sésostris, pharaon égyptien légendaire, incarne la figure du conquérant mythique dont les exploits ont façonné l’imaginaire antique. Voltaire souligne la prudence nécessaire face aux exagérations concernant son empire, tandis que Charles Rollin relate son règne et son héritage matériel. Les sources associent souvent Sésostris à Ramsés III, comme le note un auteur anonyme, et mettent en avant ses conquêtes en Asie et en Afrique.
Ambroise Rendu met en évidence ses inscriptions triomphales, tout en critiquant l’instabilité de son legs. Arthur de Guilloteau le compare à Alexandre ou Napoléon, illustrant ainsi sa stature héroïque. Ces approches, alliant récits mythiques et réflexions historiques, révèlent un débat persistant entre gloire légendaire et réalité archéologique.
Citations sur “Sésostris”
Charles Rollin,
Abrégé de l'Histoire ancienne de Rollin…
(1834)
“ Devenu aveugle dans sa vieillesse, il se donna la mort à lui-même, après avoir régné trente-trois ans, et laissé l'Egypte extrêmement riche. Son empire ne passa point cependant la quatrième génération. On pourrait regarder Sésostris comme un des héros les plus illustres et les plus vantés de l'antiquité, s'il n'avait lui-même terni l'éclat de ses exploits guerriers et de ses ver tus pacifiques, par un amour excessif de la gloire, et par une aveugle complaisance dans sa grandeur, qui lui firent oublier qu'il était homme. ”
Notices archéologiques et description raisonnée de quelques monuments de haute antiquité… (1863)
“ On sait que les Grecs et les Romains donnaient le nom de Sésostris au pharaon Ramsés III, surnommé le Grand. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, de plus curieux, de plus intéressant dans cette antique peinture, c'est qu'elle est la reproduction fidèle d'un des tableaux qui ornent les vastes parois de la grande salle du temple d'Ibsamboul, et qui représentent les nombreuses victoires de Sésostris en Asie et en Afrique. La seule différence qu'il y ait, c'est que dans notre groupe, Sésostris ne foule pas à ses pieds un guerrier déjà terrassé. ”
