Résumé

Portrait de Alexandre Lacassagne Alexandre Lacassagne Peine de mort et criminalité : l'accroissement de la criminalité et l'application de la peine… (1908)

« Les peines effrayent moins l'humanité par leur rigueur momentanée que par leur durée... Le frein le plus propre à arrêter les crimes n'est donc pas tant le spectacle terrible, mais momentané, de la mort d'un scélérat, que l'exemple du criminel privé de sa liberté, transformé en quelque sorte en bête de somme, et restituant à la société par un travail pénible, et de toute sa vie, le dommage qu'il lui a fait. » Le dernier supplice paraît plus affreux au spectateur qu'au coupable, tandis que l'esclavage perpétuel est plus utile comme exemple qu'insupportable comme châtiment.
Source : Gallica

Portrait de Alexandre Lacassagne Alexandre Lacassagne Peine de mort et criminalité : l'accroissement de la criminalité et l'application de la peine… (1908)

Mais pour le gros public, pour la masse des hommes qui suivent, non les enseignements de l'expérience, mais les données de la routine et les conseils de l'accoutumance, la peine de mort n'est pas une chose qui souffre la discussion ; et en face des humanitaristes qui crient à la barbarie pour l'emploi d'un moyen de préservation et de défense sociales qu'ils ne s'inquiètent point de remplacer, s'entasse la foule de ceux pour qui la peine de mort est un dogme et qui voient dans la guillotine le dernier, le suprême rempart de la société mise en péril par la marée montante de la criminalité.
Source : Gallica

Portrait de Alexandre Lacassagne Alexandre Lacassagne Peine de mort et criminalité : l'accroissement de la criminalité et l'application de la peine… (1908)

Comme Beccaria, Diderot voudrait substituer à la peine de mort un dur et cruel esclavage. C'est une peine préférable parce qu'elle est plus efficace. « Mais cet esclavage ne sera un supplice effrayant que dans un pays où l'état du peuple sera doux et commode. » Diderot remarque l'absence de gradation de la peine de mort, d'après l'âge. « Quand on met à mort un homme de trente ans, on ne sait pas ce qu'on fait. On n'a pas compté que cet homme est le seul survivant de vingt hommes. Le législateur criminel ignore le prix de la vie d'un homme de trente ans. »
Source : Gallica

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