Résumé

Joseph Viaud La peine de mort en matière politique… (1902)

Si Dieu a le droit d'être si sévère contre le coupable, c'est que sa justice est infaillible. Mais enfin, puisque la loi, pour justifier la peine capitale, invoquait l'exacte satisfaction du crime, du moins le repentir ne serait-il pas compté comme le moyen d'expiation qui délivre du supplice. N'est-ce pas le propre de toute théorie expiatoire d'accorder au repentir un effet irrésistible ? Mieux que les tortures et la mort, n'efface-t-il pas les plus grands crimes ? Quand donc l'homme sacrilège avait été réconcilié avec Dieu, à quel titre serait-il réclamé par l'échafaud ?
Source : Gallica

Joseph Viaud La peine de mort en matière politique… (1902)

Les rois, limitant leur propre pouvoir dans un intérêt qu'ils croient général, et se défendant par avance contre leur propre faiblesse, s'interdisent l'exercice d'une précieuse prérogative, le droit de grâce. Nulle prescription n'est admise, et la mort du coupable n'arrête même pas la vengeance de la société : le procès est poursuivi contre le cadavre. La folie, l'ivresse ou l'ignorance ne peuvent constituer même une excuse : le crime tenté est assimilé au crime consommé, le complot à l'attentat, ce qui est une théorie injuste et une pratique imprudente (1) .
Source : Gallica

Joseph Viaud La peine de mort en matière politique… (1902)

Jamais le Code militaire, même dans l'état de guerre, n'a permis l'exécution des rebelles sur la seule preuve du flagrant délit, sans jugement, sans défense et sans recours. Il faut invoquer un usage de la guerre contre ceux qui ne sont pas regardés comme de justes belligérants. Dans un Etat qui a supprimé la peine de mort en matière politique, cette coutume (non écrite) n'en est pas moins un étrange abus. Le pouvoir qui exerce le droit de vie et de mort prétend ne pas désobéir aux lois constitutionnelles.
Source : Gallica

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