Arthur de Gobineau

Arthur de Gobineau

Résumé

Portrait de Arthur de Gobineau Arthur de Gobineau Revue des Deux Mondes

Le nom de chrétien sert en Orient de drapeau politique, et non de bannière religieuse. Toutes les races vaincues et opprimées s’y rallient : Grecs, Arméniens, Nestoriens, Latins, ne sont les uns pour les autres que des raïas de la Turquie. Quant aux subtiles controverses qui ont divisé leurs pères, personne ne les comprend plus ; nul ne se pose, vis-à-vis de l’Europe, en état d’hostilité religieuse et politique ; on l’admire au contraire, on voudrait, peut-être à tort, réédifier, d’après les modèles européens et trop servilement, l’état social que ces populations rêvent pour elles-mêmes.
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Elle n’a que faire, comme la Russie, d’aller chercher la vie sur les rives du Bosphore ; comme l’Angleterre, elle n’a pas besoin de se frayer la route de l’Inde, mais elle a besoin de ne pas donner les cent vingt mille matelots de la Turquie et de la Grèce à une puissance qui peut en user contre elle, et y joindre les autres richesses de ce vaste territoire ; elle a besoin de soutenir le travail de régénération qui germe dans l’Égypte, et d’empêcher qu’on ne l’étouffe. La France, protectrice née des petits états, doit vouloir que chacun reste chez soi.
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Au mot liberté, mystérieusement murmuré à l’oreille de chaque Hellène, les populations s’animaient : « Mais des armes, mais de l’argent, demandaient-elles, qui nous en donnera ? — Le czar, répondait-on, » comme jadis on avait dit : L’empereur ! Ce mot suffisait, et l’hétairie comptait un membre de plus. Pendant que toutes ces choses se tramaient, M. Capodistrias dirigeait la politique de la Russie à l’égard du divan de manière à donner grand espoir aux Hellènes.
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