Augustin Chereau

Résumé

Augustin Chereau Divertissements hygiéniques (1903)

L'été, pas un chat. — Et pourtant, Seul, il faut qu'à la boîte il reste. N'est-ce pas vraiment révoltant ? Il se rase, il s'énerve, il peste !
Tous les autres vont à la mer; Lui, pas. N'est-ce point une honte ? Et, comme un flot de fiel amer, Toute sa rancoeur lui remonte :
Levé tôt, couché tard, troublé Dans ses repas, il se sent fondre. Il est vanné, vidé, croulé, Et son pauvre estomac s'effondre !
Les clients, voilà ce qu'ils font !... Ah ! tout ça ne le fait pas rire ! Encor quand les affaires vont... Mais l'été, cré nom ! rien à frire !
Source : Gallica

Augustin Chereau Divertissements hygiéniques (1903)

L'anis et la menthe poivrée, Bien vu, quand il offre au gamin Des boules de gomme sucrée.
C'est vrai qu'il n'est pas maladroit : Par l'enfant, il gagne la mère. Il est quelqu'un dans son endroit, Il est adjoint. Il sera maire !
Il est aimé, considéré.
Pour son obligeance, on le prise.
Il est bien avec son curé.
Le médecin le favorise.
Mais son bonheur n'est pas complet, Malgré son existence honnête. Car il sent un coeur de poète Battre sous son petit gilet !
Oh ! que de fois, l'âme exaltée, Quand il reluque son trottoir, Il rage d'être à son comptoir Enchaîné comme un Prométhée !
Source : Gallica

Augustin Chereau Divertissements hygiéniques (1903)

Point, je le sais par ce recueil : ils s'égaient. Dans l'intimité de la table, libérés des soucis professionnels, ils quittent leur docte masque et s'attardent à écouter des histoires badines en vers dont la longueur n'est pas moins capricieuse que celle de ces jaunes ténias, orgueil de la vitrine. Le secret m'en fut révélé par le manuscrit de M. Chereau, qui est bien le plus joyeux fantaisiste que la belle humeur ait inspiré. C'est de lui qu'on pourrait faire cet éloge : qu'il a la bonté d'être gai.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature