Résumé

Ch. Nodier Revue des Deux Mondes

Qu’est-ce donc que l’Heptaméron, sinon un recueil de contes et de nouvelles lus chez la reine de Navarre par les beaux esprits de son temps, c’est-à-dire par Pelletier, par Denisot, et surtout par Bonaventure Desperiers lui-même, qu’il est si facile d’y reconnaître ? Marguerite n’y est pas méconnaissable non plus, car elle avait son style à elle, comme tous les écrivains de cette époque naïve et créatrice, où les génies les moins heureux imprimaient cependant un sceau particulier à leurs paroles. Le style de Marguerite n’était pas des meilleurs, il s’en faut de beaucoup.
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Je suis loin toutefois de penser, comme La Monnoye, que cette coopération de Pelletier et de Denisot ait été fort considérable. Plus j’ai relu les Contes de Desperiers, plus j’y ai trouvé de simultanéité dans la forme, dans les tours, dans le mouvement du style. Quoiqu’il y ait des exemples nombreux, dans les lettres comme dans les arts, de cette aptitude à l’imitation, je ne l’accorde pas sans regret, et surtout sans réserve, à Pelletier et à Denisot, qui n’ont jamais eu le bonheur de ressembler à Desperiers, si ce n’est dans les écrits de Desperiers où l’on veut qu’ils aient pris part.
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Le temps de la mort de Bonaventure Desperiers n’est pas plus facile à déterminer. Ce qu’il y a de certain, c’est que cet évènement n’est pas antérieur à l’année 1539, où le poète écrivait, dans un rhythme gracieux dont il est l’inventeur, son joli Voyage de Lyon à l’isle de Notre-Dame, et qu’il n’est pas postérieur à l’année 1544, où Antoine Du Moulin donna l’édition posthume de ses Œuvres, sans entrer d’ailleurs dans les moindres détails sur les circonstances et sur les causes d’une catastrophe si tragique.
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