Résumé

Comte E. de Sartiges Les Mœurs électorales aux États-Unis

La volonté du peuple, qui aux États-Unis est tout le monde, a fait la constitution et le gouvernement ; elle peut à son gré défaire l’un et l’autre. Chez nous, les constitutions, octroyées les unes par le prince au peuple, arrachées les autres par le peuple au prince, ont-elles porté l’empreinte des mœurs de la génération par qui elles étaient faites, ou chaque génération a-t-elle porté l’empreinte de sa constitution ? A l’avenir seront-ce les mœurs de la nation qui feront sa constitution ? sera-ce la constitution qui fera les mœurs de la nation ?
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Comte E. de Sartiges Les Mœurs électorales aux États-Unis

Ainsi le politicien américain n’est pas, comme le Rabagas français, un placeur de révolutions là où se fait sentir le besoin de déplacer le centre de gravité sociale, c’est au début de sa carrière un courtier d’élection et, s’il le faut, un entrepreneur de corruption électorale pour son compte au pour celui de s’on parti. La politique dans la république américaine n’est point le simple passe-temps d’hommes engagés en des poursuites industrielles ou autres ; c’est une profession distincte et presque une vocation. L’on est politicien comme l’on est médecin, négociant, banquier.
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Comte E. de Sartiges Les Mœurs électorales aux États-Unis

Ce n’est pas le politicien transfiguré en homme politique que fait comparaître sur la scène de Bâton-Rouge le moraliste américain, c’est le politicien suant sang et eau pour escalader le pouvoir. Chaque acteur de cette comédie est un politicien à un degré quelconque, depuis celui qui est chargé d’aller dans les cabarets faire boire l’électeur et marchander son vote jusqu’à celui que son habileté fait manœuvrer au milieu de la fange électorale sans se salir ni les bottes ni les gants.
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