Résumé

Ed. Du Hailly Une Campagne dans l’Océan-Pacifique…

Dès le 14 avril 1855, malgré le temps rigoureux qui à cette époque de l’année rend si difficile la navigation de ces mers, deux vapeurs s’y trouvaient, détachés de la station des mers de Chine. Un mois plus tard, l’amiral anglais y arrivait à son tour, accompagné de la frégate française l’Alceste, et le 20 mai l’escadre se dirigeait vers l’entrée de la baie. Bientôt se dessine le profil grandiose des terres, complètement ensevelies sous un immense linceul de neige, dont le suprême caractère de désolation ne saurait être compris que de ceux qui ont vu ces régions déshéritées.
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Ed. Du Hailly Une Campagne dans l’Océan-Pacifique…

Le navigateur qui arrive à Yédo peut apercevoir, à quelque distance au sud de cette riche capitale de l’empire japonais, une baie étroite, profondément encaissée dans de hautes montagnes, fermée par des écueils sur lesquels se brise la lame blanchissante, semblable en un mot à un véritable nid de pirates. C’est le petit port de Simoda, où se trouvait le 23 décembre 1854 la belle frégate la Diana, portant le pavillon de l’amiral Poutiatine, chargé des négociations de la Russie avec le gouvernement du Japon.
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Ed. Du Hailly Une Campagne dans l’Océan-Pacifique…

Heureusement une prise d’une valeur réelle vint apporter une sorte de compensation à tant de fatigues inutiles. Le soir du 3 août, un vapeur anglais sortit du rideau de brume qui fermait l’horizon de la rade d’Ayan, et vint mouiller près de son chef, en remorquant un brick aux couleurs brémoises sur lequel se voyaient entassés près de trois cents prisonniers russes! Ces trois cents hommes, qui n’eussent été en Europe qu’un détachement insignifiant, acquéraient dans ces mers lointaines toute l’importance d’un véritable corps d’armée.
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