“ Sitka Charley a vécu avec honneur parmi les hommes, et jamais il n’a manqué à sa parole. Ne tient-il donc plus compte de cet honneur, pour prononcer de vaines paroles près du Carrefour du Caribou ? Ne se souvient-il plus de ceux de Forty-Mile, qui lui ont donné le meilleur de leurs provisions et la fleur de leurs chiens ? Jusqu’ici, Passuk n’a cessé d’être fière de son homme ; qu’il se lève, chausse ses raquettes et parte, s’il ne veut perdre son estime. ”
Sitka
Définition et enjeux
Citations sur “Sitka”
Louis-Frédéric Rouquette, Le Grand Silence blanc
“ À l’ouest de l’île, si votre mauvaise chance vous amène là, vous dénicherez une ville qui porte le nom des Indiens indigènes, Sitka ; les Russes essayèrent bien, lorsqu’ils la fondèrent, de lui donner le nom de Novo-Arkangelsk, mais Novo-Arkangelsk, c’était trop difficile à prononcer, on a adopté Sitka. Sitka, c’est un nom civilisé... ”
Pierre Frédé, Aventures lointaines : voyages… (1882)
“ Quand le gouverneur de Sitka, prince féodal, autocrate sur les domaines confiés à sa sagesse, se mettait en frais, il donnait des repas prodigieux. Les tables gémissaient sous le poids des plats et des bouteilles. On mangeait beaucoup, on buvait copieusement. En un mot, on festoyait comme Balthazar. Ces prodigalités de victuailles se comprennent dans un tel pays, où on ne compte avec rien. La venaison est abondante, le gibier foisonne, le poisson circule 'par bancs innombrables sur les côtes, dans les anses et dans les rivières. ”
“ On se rapprochait de Sitka. Peut-être encore la Belle-Roulotte aurait-elle pu marcher plus vite, si Cornélia n’eût redouté les secousses pour son blessé, que Kayette et elle ne cessaient de soigner, l’une comme une mère, l’autre comme une fille. Il était toujours à craindre qu’il n’atteignît pas vivant le terme du voyage. ”
Jules Ladimir, La guerre, histoire complète des opérations militaires en Orient et dans le nord… (1854)
“ Entouré par les forces ennemies, le Sitka dut - se rendre et fut emmené par la division'anglaise à Vancouver. Peu après, la goélette du gouverneur tombait au pouvoir des alliés avec 30 hommes d'équipage; ne pouvant la remorquer, on la brûla en pleine mer. A bord du Sitka se trouvaient plusieurs négociants russes, qui, avec l'équipage, furent emmenés prisonniers ; le nombre total des prisonniers monte à 60; parmi eux se trouvent un colonel et un capitaine de navire. ”
“ Il est certain, dit M. Cascabel, que, si nous reprenons le chemin de la Californie, notre hommes n’y arrivera pas vivant. Ce sont des centaines et des centaines de lieues à faire. Le mieux serait de gagner Sitka, où nous pourrions être arrivés dans trois ou quatre jours, si ces maudits policiers ne nous défendaient pas de mettre le pied sur leur territoire ! — C’est pourtant à Sitka qu’il faut aller, répondit résolument Cornélia, et c’est à Sitka que nous irons ! ”
Louis-Frédéric Rouquette, Le Grand Silence blanc
“ Lorsque vous venez par la mer, vous ne voyez rien : des flots, des écueils masquent la cité, vous n’apercevez à l’horizon que le mont Edgecumbe, debout comme une gigantesque sentinelle, et la base occidentale du volcan Vestoria. Lorsque vous avez doublé l’île Japonaise et suivi un long chenal tortueux, dans le fond, apparaît la crique de Sitka et la ville en amphithéâtre. ”
“ L’ensemble de ces huttes forme comme un faubourg de Sitka, un faubourg extra muros. Après le coucher du soleil, aucun Indien n’a le droit de demeurer dans la ville. Défense justifiée, que nécessitent les relations souvent inquiétantes qui existent entre les Peaux-Rouges et les Visages-Pâles. En dehors de Sitka, la Belle-Roulotte dut d’abord traverser une série d’étroites passes, au moyen de bacs disposés pour cet usage, afin de gagner le fond d’un golfe sinueux, terminé en pointe, appelé Lyan-canal. ”
“ Ainsi, mes amis, dit-il, lorsque Jean eut achevé son histoire, votre intention, en quittant Sitka, est de vous diriger vers le détroit de Behring ? — Oui, monsieur Serge, répondit Jean, et de le traverser, lorsqu’il sera pris par les glaces. — C’est un long et pénible voyage que vous avez entrepris là, monsieur Cascabel ! — Long, oui, monsieur Serge ! Pénible, il le sera, c’est probable. Que voulez-vous ? nous n’avions pas le choix. Et puis, des saltimbanques ne regardent guère à la peine, nous sommes habitués à courir le monde ! ”
“ L’Indien Sitka Charley avait eu une fois l’occasion de voyager en sa compagnie. C’était en pleine famine, alors que la vie d’un homme valait moins qu’une tasse de farine. Il l’avait jugée comme supérieure entre toutes ; et le jugement de l’Indien, qui allait droit à l’essentiel, faisait oracle ; son opinion prévalait dans tous les camps du cercle arctique. Freda et Mrs Eppingwell avaient un merveilleux talent pour conquérir et asservir les hommes, mais chacune à sa façon. ”
Alphonse Brown, Voyage à dos de baleine : aventure du capitaine Bob Kincardy (1876)
“ « Voici ce que je vous prescris, dit-il au capitaine Phipps; vous contournerez l'Amérique, vous doublerez le cap Horn et remonterez jusqu'à l'île de Sitka. Vous relâcherez dans le port de New-Arkanghel. Là, vous chargerez des madriers, des chevrons, des planches et vous attendrez de nouvelles instructions. J'ai confiance en votre expérience; le navire est un bon marcheur, vos hommes sont de solides gaillards ; effectuez ce voyage le plus rapidement possible et vous serez content de moi. » Le Peerless prit la mer par un temps magnifique. ”
Jules Lecomte,
Histoire de l'armée et de tous les régiments…
(1858)
“ L'escadre ne quitta ces eaux qu'après y avoir fait plusieurs captures : la plus importante fut celle du Sitka, grand transport de guerre de huit cents tonneaux, armé de douze canons, ayant un chargement de près de deux millions, et portant à Petropolowski le vice-gouverneur du Kamtchatka, un colonel d'artillerie et toute une administration civile. ”
“ L’âme de Mrs Eppingwell était la limpidité même. Quand jadis Sitka Charley la conduisait à travers les collines du Silence, il avait parfaitement bien jugé cette femme au regard loyal, à la voix nette, à la franchise absolue et dont les lèvres avaient une façon bien spéciale pour intimer définitivement un ordre. Elle allait toujours droit au but. Ayant jaugé Floyd Vanderlip comme il convenait, elle estima inutile de le sermonner, mais elle n’hésita pas à descendre à la ville pour aller voir en plein jour Freda la danseuse. ”
Eugène Souville, Mes souvenirs maritimes : (1837-1863… (1914)
“ Le climat de Sitka est presque aussi tempéré que celui du nord de la France, et la neige n'y séjourne que sur les cimes des montagnes. Dans ces forêts sans limites, qui nourrissent d'immenses quantités de gibier à fourrures, errent aussi de nombreuses tribus d'Indiens sauvages et guerriers. Ces naturels font payer cher aux Russes les services qu'ils leur rendent à la chasse par les craintes continuelles où ils les tiennent. Sitka est bloquée en permanence par les Indiens, à peu près comme le presidio de Melilla par les Marocains. ”
“ La perspective d’une jolie gratification n’eut même aucun succès. Il est probable que les agents, entêtés comme des douaniers et têtus comme des gabelous, commencèrent à trouver extrêmement suspecte cette insistance à franchir la frontière alaskienne. Aussi l’un d’eux intima-t-il l’ordre de rétrograder sur l’heure, en ajoutant : « Si nous vous retrouvons encore sur le territoire russe, ce n’est pas à Sitka que l’on vous conduira, c’est au fort le plus voisin. Et, lorsqu’on est entré là, on ne sait jamais ni comment ni quand on en sort ! » ”
Louis-Frédéric Rouquette, Le Grand Silence blanc
“ Je dois vous avertir, puisque j’ai oublié de le faire, qu’il pleut à Sitka 285 jours... je dis bien, vous n’avez pas la berlue, deux cent quatre-vingt-cinq jours par an. Les statistiques sont là, vous n’allez pas nier les statistiques, je suppose. Dire que plus au Nord, on aperçoit la cime d’une montagne qu’on a appelée Fairweather : le beau temps... Les explorateurs ont certainement voulu se payer notre tête. ”
“ Or, se mettre en relation avec les gens du pays, M. Cascabel ne pouvait espérer le faire en leur cachant sa nationalité. Il était à craindre que la fâcheuse question des passeports ne surgît de nouveau. « Eh bien, dit-il, notre Russe n’en sera pas moins venu jusqu’à Sitka ! Si les policiers nous obligent à retourner sur la frontière, du moins le garderont-ils, comme étant un de leurs compatriotes, et puisque nous avons commencé par le sauver, c’est bien le diable s’ils n’achèveront pas de le guérir ! » ”
Henri Blerzy, Le Territoire d’Aliaska et les colonies du nord ouest de l’Amérique
“ Autour de Sitka se trouvent les Kolosch, qui diffèrent peu des Indiens déjà connus. Ils habitent des villages, sont cruels, belliqueux, et font volontiers la guerre aux blancs. Ils ont attaqué plusieurs fois les comptoirs de la compagnie russe, à laquelle cependant ils vendaient d’habitude leurs fourrures et les produits de leur chasse. Les Européens, dès qu’ils se montrèrent sur le littoral, eurent des querelles avec ces sauvages, qui déjà étaient armés de fusils, vendus sans doute par les tribus de l’est en relation avec la compagnie de la baie d’Hudson. ”
“ Est-ce qu’il y a loin de la frontière à Sitka ?... — Une centaine de lieues, dit Jean. — Eh bien, dans une dizaine de jours, je puis être revenu à notre campement. Attendons à demain, et nous tenterons l’aventure ! » Le lendemain, dès le lever du jour, M. Cascabel se mit à la recherche des agents. Les rencontrer ne fut ni long ni difficile, car ils étaient restés en surveillance aux environs de la Belle-Roulotte. « Encore vous ? lui cria-t-on d’un ton menaçant. — Encore moi ! » répondit M. Cascabel avec son plus agréable sourire. ”
A. de Foville, Revue des Deux Mondes
“ Mais il s’est créé des exploitations très sérieuses dans cette longue suite de côtes et d’îles qui, sur le Pacifique, à l’est du mont Saint-Elie, prolonge l’Alaska jusqu’au 130e degré de longitude, la Colombie britannique ne conservant ainsi qu’un assez étroit contact avec l’océan, entre le passage de Dixon et Vancouver. Les villes de Sitka, de Dyea, de Juneau sont bien des villes américaines, et les hauteurs qui les protègent contre les souffles du nord abondent en minerais divers. A Silver Bow Basin, à Silver Queen, l’argent avait précédé l’or. ”
Congrès forestier international, Congrès forestier international… (1913)
“ Le sitka ne m'a pas donné dg résultats appréciables dans les hautes Cévennes, tandis que le pungens donne des résultats analogues à ceux que l'on trouve en Suisse où il atteint 1.845 mètres dans les forêts qui environnent le lac de Saint-Moritz ; l'epicea pousse si bien dans ce pays que toutes les communes de l'Engadine accordent une large place dans leurs pépinières à cette essence. ”
Georges Eekhoud,
La nouvelle Carthage
“ Avec un cri, elle lui avait déjà ouvert les bras.— C'est moi, Siska! Moi, Laurent Paridael... votre Lorki...— Lorki!..., monsieur Laurent! Est-il Dieu possible! s'exclama la bonne âme.Elle le lâchait et se reculait pour l'admirer, l'étreignait de nouveau, rouge de plaisir et de confusion, et ne cessait de se récrier: «Voyez-vous ce vilain farceur! ce gamin qui me bernait avec tant de sérieux!»Cependant, aux exclamations de Siska, Vincent était accouru, pas moins agréablement surpris que sa femme. Ils poussèrent Laurent par les épaules, dans leur petite chambre de ménage. ”
Joseph Bournichon, Sitting-Bull, le héros du désert… (1879)
“ « C'est vrai, répondit Sitting, mais à Washington le Grand-Père était dans sa ville, il ne voyait que sa puissance. Ici, le lieutenant de mon Grand-Père est en face du ciel où le Grand-Esprit demeure, en face des fleuves, en face des bois, en face des monts, en face des plaines et des déserts qui sont à nous, et tout cela lui dit la puissance et le droit des Peauxrouges. » — a Non ! je suis en face d'un homme. Cet homme est fort et habile, je le reconnais, mais cet homme est seul. - Qu'il regarde à ses pieds. Il n'a vu que les bois, le fleuve, la colline, mais là est mon armée. ”
Georges Eekhoud,
La nouvelle Carthage
“ Ce Tilbak était un marin, pays de la bonne Siska.Jadis, après un voyage au long cours, à peine débarqué, vite, il mettait le cap sur la maison des Paridael. Ses hardes de gros bleu embaumaient le goudron, le varech, le brome, la marine, toutes les senteurs du large, et de son être même émanait un parfum non moins viril et loyal. Pour achever de se faire bien venir, il avait toujours les poches pleines de curiosités de l'océan et des antipodes: coquillages carnés, fruits musqués pour Laurent; et pour Siska une étoffe de l'Extrême-Orient, un bijou de Japonaise, une amulette d'anthropophage. ”
Justin Dupain, Bizarreries, 1874 (1875)
“ « Hélas ! l'affreux baron d'Arvan m'a poursuivie ! Sauvez-moi, disait-elle, et l'honneur et la vie ? » — « Vous serez, fit Sita, loin des coups des méchants ; Car, notre roi l'a dit : Si jamais, ô misère ! Honneur, pitié, vertus, devaient quitter la terre, On les retrouverait dans l'âme des puissants ! » 33 - SITA III LUI Portant, comme un fardeau, sa forte intelligence, Il n'aimait que la haine, et sa soeur la vengeance ! Et, forcé de compter avec la pauvreté, N'avait qu'une vertu superbe : la fierté ! ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Pour représenter Râma, Sita et Lakchmana, leur ami fidèle, on choisit des enfants du plus haut rang et de la plus aimable figure : il ne faut pas que les dieux soient trop difficiles à aimer. Aussi la petite Sita est adorable dans sa mousseline blanche toute brodée d'or. Les personnages qui forment leur cour ont des vêtements magnifiques ; partout les métaux précieux étincellent ; ils sont coiffés d'une tiare d'or ; d'or est leur arc ”
Joseph Vianey, Les Sources de Leconte de Lisle…
“ Être avec lui, c’est le ciel pour elle ; être sans lui, c’est l’enfer. S’il refuse de l’emmener, elle va à l’instant même avaler un poison devant ses yeux. Et Sita se laisse tomber aux pieds de Rama, pleurant, affaissée sur elle-même, avec des sanglots mélodieux. Le héros relève sa femme : « Viens donc, suis-moi, comme il te plaît, ma chérie. » Le mariage de Rama et de Sita avait été conté, au début du poème, dans des chapitres dont la plupart sont des interpolations ; mais si le récit est récent, la légende est ancienne. ”
Georges Eekhoud,
La nouvelle Carthage
“ Et cela parce que vous en aimez une autre ! poursuivit Siska. Je vous dirai même quelle est cette autre : votre cousine Gina, devenue Mme Béjard... Vous ne le nierez pas. Croyiez-vous donc pouvoir me cacher ce secret ? Votre trouble lorsqu’on parlait de Mme Béjard ; votre affectation, à vous, de ne jamais en parler, l’aurait révélé à des devineresses moins adroites que moi ? Oui, Henriette elle-même a su de quel côté tendait votre réel amour... Certes, vous chérissez notre enfant... Sous l’impulsion de vos sentiments généreux vous seriez prêt à épouser la petite. ”
Georges Eekhoud,
La nouvelle Carthage
“ Une fois qu’ils le croyaient bien endormi, avant que Siska l’eût porté au premier, Laurent se réveilla à moitié au bruit d’un baiser sonore et tout à fait à celui d’une claque non moins généreusement appliquée. Le baiser était l’œuvre de Vincent, la gifle celle de Siska. Digne Vincent ! Laurent intervint dans la querelle et réconcilia les deux amis avant de se rendormir pour de bon. D’autres fois cette mauvaise Siska chicanait le débonnaire à propos de l’âcre tabac qui la faisait tousser, disait-elle, et qui empestait la maison. ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Cette femme, c'est Sita, l'épouse de Rama. Personne, parmi les poëtes de l'antiquité, n'a su trouver une image plus charmante, plus gracieuse et plus tendre de l'épouse. Nulle part le dévouement n'a su s'incarner sous des formes plus aimables ; nulle part une destinée ne s'est plus étroitement liée à une autre ; nulle part une âme ne s'est plus donnée à une autre âme. Les épreuves la trouveront inébranlable, le malheur l'attachera, et la grandeur de ses souffrances ne servira qu'à mieux montrer la grandeur de son amour. ”
Alfred Jarry,
Les Antliaclastes
“ Allons ! un verre de vin vieux ! (Il jette le contenu de son verre au visage de Toga. Tout à coup Toga ouvre les yeux, et d’une voix entrecoupée, prononce quelques mots inarticulés, Sicca laisse tomber le gobelet qui se brise.) TOGA Sicca ! Sicca ! Sicca ! SICCA, épouvanté. Sicca ! Sicca ! Sicca !Fantôme ! TOGA Sicca ! Sicca ! Tu viens de faire pendre un homme. Quand tu le vois à terre, inerte, et froid, et mort, Tu l’insultes, et ris encor ! Bientôt... bientôt peut-être... ah !... tel sera ton sort ! (Il retombe et meurt.) ROUPIAS, à Sicca qui recule. Qu’avez-vous ? ”
