“ La Belle-Roulotte n’a plus qu’à traverser la Russie et l’Allemagne pour mettre le pied en France, et le nord de la France pour rentrer au pays normand ! C’est encore un long trajet, sans doute. Mais, comparé à ce parcours de deux mille huit cents lieues qu’elle vient de faire, ce n’est plus qu’une promenade, une simple promenade — « une course de fiacre ! » ”
Belle-Roulotte
Définition et enjeux
Citations sur “Belle-Roulotte”
“ En réalité, la voiture du saltimbanque, c’est l’appartement complet y compris ses chambres et son mobilier, c’est le « home » roulant, et celui de César Cascabel répondait bien aux exigences de cette vie nomade. La Belle-Roulotte — ainsi se nommait-elle, comme s’il se fût agi de quelque goélette normande, et soyez assurés qu’elle justifiait cette appellation, après tant de pérégrinations diverses à travers les États-Unis. ”
“ La Belle-Roulotte reposait sur quatre roues. Munie de bons ressorts d’acier, elle unissait la légèreté à la solidité. Soigneusement entretenue, savonnée, frottée, lavée, elle faisait resplendir ses panneaux revêtus de couleurs violentes, où le jaune d’or se mariait agréablement au rouge cochenille, étalant aux regards cette raison sociale déjà célèbre : Famille César Cascabel. Par sa longueur, elle aurait pu rivaliser avec ces chariots qui parcourent encore les prairies du Far-West, là où le Great-Trunk, le railway de New-York à San Francisco, n’a pas encore projeté ses ramifications. ”
“ Vers trois heures de l’après-midi, la Belle-Roulotte dut s’arrêter. Bien qu’il ne fît pas nuit encore, une épaisse brume amoindrissait le champ de vue. Aussi, après être revenu en arrière, Jean conseilla-t-il de faire halte. Se diriger dans ces conditions devenait extrêmement incertain. D’ailleurs, ainsi que M. Serge l’avait prévu, cette partie du détroit, parcourue par le courant du chenal de l’est, laissait les aspérités de l’ice-field, les inégalités des glaçons, saillir sous la neige. Le véhicule éprouvait des heurts violents. Les chevaux buttaient presque à chaque pas. ”
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ La Fare trouvoit que je disois bien, et que ce que je proposois étoit la seule voie de salut, si déjà l’affaire n’étoit trop avancée. Belle-Ile ne put combattre mes raisons ni se résoudre à suivre ce que je pensois, et se mit, faute de mieux, à battre la campagne. ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ ROUCHARD. Ah ! oui... (Reniflant.) Oh ! mais il pue l’éther d’une lieue, cet homme-là... Bigre ! Ce n’est plus qu’un souffle... un souffle d’éther... (Il se tourne vers Bernier et le prince qui, d’une marche de l’escalier, regarde, avec un vieux petit geste délicat de la main, la danseuse, au loin, évoluer.) Mais il a belle allure tout de même. C’est un gentilhomme, tout en vieil argent... Il a l’air damasquiné. Très chic !... Tout est rupin ici, d’ailleurs... Ah ! comme vous êtes devenue, Lolette ! ”
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ C’étoit un trésorier de l’extraordinaire des guerres [5] , entièrement dans la confiance de Le Blanc, qui l’avoit poussé et protégé, et qui s’en étoit servi, lui et Belle-Ile, en bien des choses. Je n’ai point démêlé au clair si le cardinal en vouloit aussi à Belle-Ile, ou si ce ne fut que par concomitance avec Le Blanc, par l’implication dans les mêmes affaires et dans la haine de Mme de Prie. Je pencherois à le croire, parce que, ayant plusieurs fois voulu servir Belle-Ile auprès de M. le duc d’Orléans, je lui ai toujours trouvé une opposition qui alloit à l’aversion. ”
Adolphe-Basile Routhier, A travers l'Espagne : lettres de voyage (1889)
“ Pas un beau ciel n'échappe à nos regards contents ; Nous jouissons de tout ce que Dieu nous envoie... Chez vous que de beaux jours sont beaux sans qu'on les voie ! Pour vous, sur les sommets d'un feu rouge inondés, Que de couchants sont beaux sans être regardés ! Vos yeux ne savent pas où luit la Belle Etoile ! Les merveilles de Dieu votre mur vous les voile ; La rue est un fossé de tombe, un caveau noir... —Nous, nous ne laissons pas passer Dieu sans le voir ! ”
Jules Rouquette, Ce que coûtent les femmes (1874)
“ Et écartant les pans de sa redingote, l'interlocuteur montra les insignes de l'autorité. Georges s'inclina devant le magistrat. — Mon Dieu, je me meurs ! murmura Blanche, que le vieux Breton descendit de cheval. — Pour votre vie, pour votre honneur, ma fille, lui dit le vieux domestique, soyez forte ! Un cri, un signe d'effroi, et vous êtes perdue! Blanche était femme. Elle eut un sourire sur les lèvres, un rayon dans les yeux et la sérénité sur le front. Elle avait la mort, l'enfer dans l'âme. ”
Adolphe-Basile Routhier, Les Échos
“ Les lauriers ornaient bien son front intelligent, Mais ils n’apportaient pas ce bonheur que Dieu donne Et qui fleurit parfois au seuil de l’indigent ! En vain ce sentiment, qui devient un délire, Et qui seul semble fait pour remplir notre cœur, Avait deux fois soumis Albert à son empire : Il avait de l’amour chéri le joug vainqueur. Mais il n’avait trouvé dans cette étrange ivresse Que les regrets amers de la réalité. Deux femmes, tour à tour, deux sylphes de jeunesse, Réunissant l’esprit, la grâce et la beauté, Avaient ensorcelé ce cœur naïf encore ”
Hector France,
Les Mystères du monde, par Hector France…
(1897-1899)
“ Lolotte obéit, et revint dans l'intérieur de la boutique, son mouchoir sur les yeux. — Ça t'est bien facile à toi, de ne pas pleurer, mauvais cœur de roche, — dit-elle. — Cœur de roche ! Oh ! si on peut dire. Moi qui pleure comme un veau quand je vois un charretier battre son cheval. — Tu ne pleures toujours pas quand tu bats une femme. — Laisse donc ces histoires-là. Un moment d'emportement, quoi ! Ecoute, Lolotte ; j'aimerais mieux ouvrir le ventre et arracher les boyaux à tous ces salauds de Parisiens, que d'égratigner avec l'ongle le bout de tes tétons. ”
Paul Féval, À la plus belle (1877)
“ Tournez voir un petit peu votre tête, demoiselle Berthe... Là !... Quoique ça, la Haoulette Guennec (depuis qu’il est échevin, son père a tant grossi, qu’il se tient de côté pour passer à la porte du Champ-Dolent !) , la Raoulettc lui sourit tant qu’elle peut, à l’écuyer Jeannin. — Tu es médisante, petite Javotte, dit Berthe doucement. — Moi, médisante, demoiselle ! ah ! mi Jésus ! Croyez-vous que ça ne m’est pas bien égal que la Raoulette, et même Fanchon du Haut-Lieu, sans parler d’Yvonne la Rousse, fassent les doux yeux à l’écuyer Jeannin ? Mais dame si ! mais dame si ! ”
Émile Zola,
Son Excellence Eugène Rougon
“ La jeune femme étant revenue se planter devant lui, Rougon but enfin la moitié de son verre d'eau sucrée et chercha une galanterie.«Vous êtes toute belle aujourd'hui. Si les reines se faisaient servantes...» Elle coupa son compliment, elle dit avec son audace:«Alors, vous ne lisez pas?» Il joua l'oubli. Puis, feignant de se souvenir:«Ah! oui, cette lettre.... Je vais la lire, si cela peut vous plaire.» ”
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ Le Blanc voyoit dans son ami tout ce qui pouvoit le porter au grand, et Belle-Ile sentoit dans la place qu’occupoit Le Blanc de quoi l’y conduire, tellement que, l’un pour s’étayer, l’autre pour se pousser, marchèrent toujours dans le plus grand concert sous la direction de la divinité qu’ils adoroient sans jalousie. ”
Honoré de Balzac,
Scènes de la vie de province. Tome premier
“ Rouget mourut après un souper splendide donné par Florentine, il fut donc assez difficile de savoir qui du souper, qui de mademoiselle Lolotte avait achevé ce vieux Berrichon. Lolotte rejeta cette mort sur une tranche de pâté de foie gras; et, comme l'œuvre de Strasbourg ne pouvait répondre, il passe pour constant que le bonhomme est mort d'indigestion. Madame Rouget se trouva dans ce monde excessivement décolleté comme dans son élément; mais Philippe lui donna pour chaperon Mariette qui ne laissa pas faire de sottises à cette veuve, dont le deuil fut orné de quelques galanteries. ”
Théophile Gautier,
Les Jeunes-France
(1853)
“ Je suis aussi belle que plusieurs qui ont la réputation de l' être beaucoup . C' est vous qui l' avez dit , Rodolphe ; je ne sais si j' ai raison de vous croire , mais je vous crois . On ne prend guère la peine de flatter sa servante ; à quoi bon ? on n' a qu' à dire je veux , cela est plus commode . Voyez mes cheveux , ils sont noirs et à pleines mains , je vous ai souvent entendu louer les cheveux noirs : mes yeux sont noirs comme mes cheveux , vous avez dit bien des fois que vous ne pouviez souffrir les yeux bleus ; mon teint est brun , et , si je suis pâle , ô Rodolphe ! ”
Frédéric Rouquette, Le carnaval de l'honnêteté (1882)
“ Louis Travel trouva cette banale histoire charmante. — Et tu t'appelles? lui dit-il. — Esther. — Joli nom! ma belle enfant! si tu veux je serai ton Assuérus. La courtisane moins vertueuse que sa devancière, répondit en passant ses bras autour du cou de son nouvel amant. En ser- rant contre son cœur le fils du banquier, elle sentit les louis qui encombraient sa poche, aussi n'en fut-elle que plus affectueuse. ”
George Sand,
La Comtesse de Rudolstadt
“ Quelque mystérieux que soit ton château des Géants, ajouta la princesse, quelque sauvage que soit l'orgueil de la chanoinesse, et quelque discrets que puissent être ses serviteurs, sois sûre qu'il ne se passe rien là qui soit plus qu'ailleurs à l'abri d'une certaine publicité. On avait beau cacher la bizarrerie du comte Albert, toute la province a bientôt réussi à la connaître, et il y avait longtemps qu'on en avait parlé à la petite cour de Bareith, lorsque Supperville fut appelé pour soigner ton pauvre époux. ”
Frédéric Masson,
Napoléon et les femmes
(1894)
“ N'est-elle point déjà grandelette et bonne à marier, cette Lolotte qu'il n'a point vue depuis cinq ans et que jadis, la tenant par la main, il menait par ses salons consulaires? C'est la fille des premières noces de Lucien avec cette Catherine Boyer que Napoléon aimait en sœur, malgré qu'elle fût la fille de petits aubergistes de Saint-Maximin du Var et que, à ses débuts dans la famille, elle ne sût même pas signer son nom. Sans doute, depuis qu'elle a échappé à la tutelle d'Élisa, depuis qu'elle est partie de France avec son père et sa belle-mère, Lolotte a dû embrasser leurs querelles ”
Gaston Leroux,
Le Parfum de la dame en noir
“ Où était Rouletabille ? Je m’en fus à son hôtel, boulevard Saint-Michel, me disant que si, là encore, je ne le trouvais pas, je pourrais, au moins, laisser la lettre de Mme Darzac. Quelle ne fut pas ma stupéfaction, en entrant dans l’hôtel, d’y trouver mon domestique portant ma valise ! Je le priai de m’expliquer ce que cela signifiait, et il me répondit qu’il n’en savait rien : qu’il fallait le demander à M. Rouletabille. ”
Jules Rouquette, Ce que coûtent les femmes (1874)
“ On étancha le sang, on ferma les plaies, et bientôt le naufragé eut toute sa lucidité d'esprit et put se mettre sur son séant. Les cloches du château de Sommerlé éclatèrent en ce moment en joyeuses volées. — Nous vous quittons, dirent au vieillard les braves pêcheurs. Il y a aujourd'hui fête au château. Toute là contrée est dans la joie. On va danser ce soir. Cette bonne Mlle de La Faye devient comtesse de Meyron. Le vieillard bondit hors do sa couche, et saisissant le bras de celui qui venait de lui adresser la parole : — Le comte de Meyron ! s'écria-t-il bouleversé. ”
Honoré de Balzac,
La Comédie humaine - Volume 01
“ En un moment un voile tomba des yeux de Rodolphe : il vit clair dans le passé. — Pourvu, se dit enfin l’amoureux foudroyé, que ce soit sa dernière mystification ! Il tremblait d’avoir été le jouet d’un caprice, car il avait entendu parler de ce qu’est un capriccio pour une Italienne. Mais quel crime aux yeux d’une femme, d’avoir accepté pour une bourgeoise, une princesse née princesse ? d’avoir pris la fille d’une des plus illustres familles du moyen âge, pour la femme d’un libraire ! Le sentiment de ses fautes redoubla chez Rodolphe son désir de savoir s’il serait méconnu, repoussé. ”
Jules Rouquette, Ce que coûtent les femmes (1874)
“ Blanche bondit de son siége. — Jamais ! s'écria-t-elle. Mais vous ne connaissez donc pas le coeur d'une femme ? — Vous avez commis une faute qui n'est pas irréparable. Votre enfant vit, Blanche, et le comte de Meyron, son père, peut le légitimer et vous rendre l'honneur. Mademoiselle de La Faye, à cette brusque ouverture, ouvrit des yeux démesurément grands. — Le comte de Meyron ! exclama-t-elle; mais c'est un fort galant homme. ”
Félix de Bona, Vie du général Drouot (1887)
“ Aussi M. le préfet de la Meurthe, en venant jeter l'eau bénite sur le cercueil, s'est-il borné à prononcer ces quelques mots qui résument à eux seuls de la manière la plus complète, les plus magnifiques éloges : « Général Drouot, » Au nom du roi, au nom de la France, au nom de ce département et de cette cité qui était pour vous une patrie dans la patrie, adieu!. » Vous fûtes héroïque comme soldat, vous fûtes sublime comme citoyen!. Nous vous pleurons, mais nous ne vous plaignons pas : votre vie est irréprochable, vos souffrances viennent de finir et votre immortalité commence! » ”
Princess of Belgium Louise, Autour des trônes que j'ai vu tomber
“ Il s'était trouvé de bonnes âmes, dans Vienne et à la Cour, pour ne pas admettre que l'affection de Rodolphe fût pour moi fraternelle.Ah! si l'on savait à quelles ignominies de la jalousie et de la méchanceté, plus on monte, plus on est exposé!Le Prince héritier disparaissant, les imaginations et les vilenies se donnaient libre carrière!Je répondis à l'aide de camp que je ne savais rien, sauf le bruit de la fin sinistre de Rodolphe et de la Vescera, et que mon mari, parti le matin même vers 6 heures, pour la chasse, à Mayerling, n'était pas rentré. ”
Honoré de Balzac,
Une Fille d’Ève
“ Ces fleurs de Paris éclosent par un temps oriental, parfument les promenades, et, passé cinq heures, se replient comme les belles de jour. Les femmes que vous verrez plus tard ayant un peu de leur air, essayant de les singer, sont des femmes comme il en faut; tandis que la belle inconnue, votre Béatrix de la journée, est la femme comme il faut. Il n'est pas facile pour les étrangers, cher comte, de reconnaître les différences auxquelles les observateurs émérites les distinguent, tant la femme est comédienne, mais elles crèvent les yeux aux Parisiens: ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ TABOUROT. Eh bien, tu disais que ta femme et la princesse n’étaient qu’en demi-relations... Mazette ! Elles ont l’air d’une intimité parfaite ! BERNIER. Oui. Je n’aime pas beaucoup ça... (Appelant de la porte.) Venez-vous, princesse ?... Un coup d’œil je vous en prie. LA PRINCESSE, (se levant.) Certainement... avec plaisir. (À ce moment Lolette se tourne vers la porte d’entrée de gauche. C’est Rouchard qui s’avance. Il n’est pas en habit et paraît gêné. En le voyant Lolette pâlit un peu et reste comme suffoqué. Elle tourne immédiatement les yeux vers Bernier anxieusement.) ”
Nicolas-Pierre Roullet, Notice historique des événements qui se sont passés dans l'administration de l'Opéra… (1820)
“ Monseigneur lui dit : Pas là, madame Rouilet; nous allons faire une visite. Elle lui ouvre la porte de communication : ils vont chez le duc d'Orléans. Madame la comtesse de Béthisy revient avec M. le comte de Menars bien avant eux, dans le petit salon : ils ont jasé jusqu'au moment que le Prince et la Princesse reviennent, où ils sont revenus encore assez à temps pour rentrer dans le salon, La Princesse s'était heurtée dans le corridor à une porte qui s'était ouverte au moment qu'elle passait: le Prince croyant qu'elle s était frappée à la clef de la loge des capitaines des gardes ”
Adolphe-Basile Routhier, De Québec à Victoria
“ Revêtu d’une grande tunique rouge, le front couronné d’épines et ensanglanté, les cheveux en désordre et retombant en larges mèches sur sa figure souillée de sang et de poussière, il était presque étendu sur le sol, sa lourde croix en travers sur les épaules. Des soldats cruels le rouaient de coups pour le forcer à se relever, et lui, appuyé sur sa main gauche et soutenant la croix de sa droite, redressait à demi la tête et regardait ses bourreaux avec une tristesse indicible, tandis qu’une femme indienne, figurant sainte Véronique, s’avançait avec un voile déplié pour essuyer son visage. ”
Adolphe-Basile Routhier, En canot
“ Les bras levés au ciel, une madone en pierre, L’œil perdu sur les flots, priait pour les marins. Jeanne la salua. La petite Marie, Que sa mère au printemps avait vouée au bleu, Dit en joignant les mains : « ô Patronne chérie ! Étoile de la mer, pour nous tous priez Dieu. » III La mer ! c’est un berceau quand elle est endormie Et fait en ondulant le hamac le plus doux ; Mais gare à son réveil, car c’est une ennemie Qui contre le navire entre alors en courroux. ”
