“ Je n’aime pas cela, Jean ! dit M. Serge. Tant que nous serons engagés sur l’ice-field, nous ne devons pas nous plaindre, si le froid vient à s’accentuer. Malheureusement, le baromètre se met à baisser avec le vent qui tourne à l’aval. Ce que nous avons le plus à redouter, c’est un relèvement de la température. Surveille bien l’état de l’ice-field, Jean, ne néglige aucun indice, et n’hésite pas à revenir en arrière pour nous prévenir ! ”
Ice-field
Définition et enjeux
Citations sur “ice-field”
“ D’ailleurs, cet état de choses ne saurait durer, ajouta M. Serge. Si peu précoce que soit l’hiver, cette année, nous voilà bientôt à la fin d’octobre, et, quoique le thermomètre ne marque en ce moment que zéro, il peut tomber d’un jour à l’autre d’une vingtaine de degrés. Que le vent vienne à sauter au nord, l’ice-field sera aussi solide qu’un continent. ”
Collectif, Magasin d’Éducation et de Récréation
“ Le jour reparut, et c’est à peine si le soleil montra son disque blafard, sans chaleur, presque sans lumière, au-dessus de l’horizon. L’ice-field se développait à perte de vue vers l’ouest et vers l’est. Au sud s’ouvrait ce détroit de Long, encombré de glaçons, dont l’hiver allait faire une surface ininterrompue jusqu’au littoral asiatique. Il est vrai, tant que ces parages ne seraient pas pris sur toute leur étendue, M. Bourcart et ses compagnons ne pourraient les franchir pour gagner le continent. Tous quittèrent le bord et le capitaine fit procéder à la visite du Saint-Enoch. ”
Jules Verne,
Hector Servadac
(1877)
“ Les ice-fields ne sont, à vrai dire, qu'une agglomération de morceaux de glace irrégulièrement ajustés, d'éboulis que le froid maintient dans les positions les plus bizarres, de montagnes à base fragile, qui dominent les plus hautes mâtures des baleiniers. ”
Jules Verne,
Aventures du Capitaine Hatteras
(1867)
“ Les ice-fields se déroulaient à perte de vue, mais sans offrir une surface unie. Loin de là. De nombreux ice-bergs hérissaient la plaine glacée, et le Forward se trouvait abrité par les plus hauts d'entre eux sur trois points du compas; le vent du sud-est seul soufflait jusqu'à lui. Que l'on suppose des rochers au lieu de glaçons, de la verdure au lieu de neige, et la mer reprenant son état liquide, le brick eût été tranquillement à l'ancre dans une jolie baie et à l'abri des coups de vent les plus redoutables. Mais quelle désolation sous cette latitude ! quelle nature attristante ! ”
“ « Ainsi, toute la mer est glacée devant nous ? demanda M. Cascabel. — Oui, répondit M. Serge, devant nous, derrière nous et autour de nous ! — Eh bien ! allons à la recherche de Jean et de Kayette !... Il n’y a pas un instant à perdre... — Partons ! », répondit M. Serge. Cornélia et Napoléone ne voulant pas rester à la Belle-Roulotte, celle-ci fut laissée à la garde de Clou, et tous partirent, précédés des deux chiens, qui furetaient à la surface de l’ice-field. On marcha d’un bon pas sur cette neige dure comme du granit, et dans la direction de l’ouest. ”
Jules Verne,
Les Aventures du capitaine Hatteras
“ On agita la question de passer la nuit dans une hutte de glace, de s’y reposer, et d’attendre le jour pour s’orienter, dût-on revenir au rivage, afin de suivre l’ice-field ; mais le docteur, craignant d’inquiéter Hatteras et Johnson, insista pour que la route fût continuée. « Duk nous conduit, dit-il, et Duk ne peut se tromper ; il est doué d’un instinct qui se passe de boussole et d’étoile. Suivons-le donc. » ”
“ Vers trois heures de l’après-midi, la Belle-Roulotte dut s’arrêter. Bien qu’il ne fît pas nuit encore, une épaisse brume amoindrissait le champ de vue. Aussi, après être revenu en arrière, Jean conseilla-t-il de faire halte. Se diriger dans ces conditions devenait extrêmement incertain. D’ailleurs, ainsi que M. Serge l’avait prévu, cette partie du détroit, parcourue par le courant du chenal de l’est, laissait les aspérités de l’ice-field, les inégalités des glaçons, saillir sous la neige. Le véhicule éprouvait des heurts violents. Les chevaux buttaient presque à chaque pas. ”
Jules Verne,
Les Aventures du capitaine Hatteras
“ Ce fut la chasse d’un phoque faite par un ours gigantesque ; celui-ci était heureusement trop occupé pour apercevoir la chaloupe, car il n’eût pas manqué de se mettre à sa poursuite ; il se tenait à l’affût auprès d’une crevasse de l’ice-field par laquelle le phoque avait évidemment plongé. L’ours épiait donc sa réapparition avec la patience d’un chasseur ou plutôt d’un pêcheur, car il pêchait véritablement. Il guettait en silence ; il ne remuait pas ; il ne donnait aucun signe de vie. ”
Joseph-René Bellot,
Journal d'un voyage aux mers polaires…
(1866)
“ Le soleil dissipe le brouillard, et, par un temps très-clair, nous voyons la plus belle scène. Au fond, ces montagnes élevées, aux teintes d'un bistre rougeâtre; sur le haut, des lignes blanches de neige ; le sommet de plusieurs, couvert d'une éternelle enveloppe, semble braver les rayons du soleil. Leur image se reflète dans le ciel et double leur élévation. Nous sommes au milieu de cent cinquante ice-bergs aux formes les plus variées. Comme nous sommes près de la terre, c'est-àdire près du lieu de leur formation, la plupart conservent le type de fragments de ruines aux colossales proportions ”
Jules Verne,
Le Pays des fourrures
(1907)
“ D e longues promenades furent faites aussi bien sur le lac glacé que sur le littoral. On put même s'avancer pendant plusieurs milles à la surface solide de l'Océan, car la glace mesurait alors une épaisseur de plusieurs pieds. Mais ce fut une excursion fatigante, car l'icefield était raboteux ; partout des glaçons superposés, des hummocks qu'il fallait tourner ; plus loin, la chaîne d'icebergs, ou plutôt la banquise présentant un infranchissable obstacle, car sa crête s'élevait à une hauteur de cinq cents pieds ! Ces ice- bergs, pittoresquement entassés, étaient magnifiques. ”
Otto Nordenskjöld, Au Pôle antarctique (1905)
“ Possédant un tirant d'eau de plusieurs centaines de mètres, les icebergs se déplacent très lentement sous la poussée du vent et font l'effet de digues en travers de la foule vagabonde de la drift-ice. ”
Jules Grange, Thèses pour le doctorat ès-sciences naturelles… (1847)
“ Les côtes couvertes de glaciers , les banquises , les champs de glace (fields of-ice) présentent le plus triste, le plus effrayant aspect que l'on puisse imaginer. On ne voit plus ici, comme dans les montagnes de la Suisse, les crêtes azurées des glaciers couronner des prairies verdoyantes et de belles forets ; ici le monde est inerte , la nature inanimée ; un ciel de plomb , une brume incessante, d'épais brouillards donnent à ces glaciers une teinte grise et sombre ”
Jules Verne,
Vingt mille lieues sous les mers
(1871)
“ Un énorme bloc de glace, une montagne entière s'est retournée, me répondit-il. Lorsque les ice-bergs sont minés à leur base par des eaux plus chaudes ou par des chocs réiterés, leur centre de gravité remonte. Alors ils se retournent en grand, ils culbutent. C'est ce qui est arrivé. L'un de ces blocs, en se renversant, a heurté le Nautilus qui flottait sous les eaux. ”
Philippe d' Orléans, A travers la banquise, : du Spitzberg au cap Philippe… (1907)
“ Au premier plan, des masses sombres et basses sortent de ce champ de glace. Ce sont des îles séparées par des chenaux plus ou moins étroits; puis les montagnes de la terre ferme s'élèvent graduellement ou par échelons et enfin, l'Inland-ice, dominant le tout de sa calotte reluisante au soleil, se perd au loin dans le ciel. Les lignes sont très nettes et les plans très bien marqués; aussi pouvons-nous faire des relevés très exacts. Ces observations terminées, nous reprenons notre route vers le sud, en longeant toujours la lisière de la glace. ”
Jean-Baptiste Charcot,
Le "Pourquoi-pas" ? dans l'Antarctique…
(1910)
“ Cliché Senouque. bientôt à un grand amas d'icebergs qui se prolonge par une ligne jusqu'au grand rocher noir que nous avions remarqué en venant et qui rompt la monotonie de la calotte. Il y a là plus de 240 monstres de glace et au milieu d'eux, à plus de 15 milles au large, on distingue de nombreux écueils. Le pack-ice nous oblige à passer entre terre et écueils, franchissant la ligne d'icebergs, sans faire faire heureusement de mauvaise rencontre à notre quille. ”
Jules Verne,
Les Aventures du capitaine Hatteras
“ La young ice, la glace nouvelle, se reformait pendant la nuit et acquérait six à huit lignes d’épaisseur ; s’il neigeait par-dessus, elle pouvait devenir bientôt assez forte pour supporter le poids d’un homme. ”
Aristide Roger,
Aventures extraordinaires de Trinitus…
(1873)
“ Pour peu que le vent soit fort, les icebergs ou montagnes de glace naviguent avec une vitesse de plusieurs kilomètres à l'heure. Leurs flèches aiguës et scintillantes, leurs aiguilles dentelées, leurs bords taillés en créneaux, leurs flancs percés à jour ou ciselés de mille façons pittoresques, les font ressembler à des édifices féeriques, à des palais d'argent et de cristal flottant au hasard sur un océan d'azur. ”
Adrien de Gerlache de Gomery,
Le Premier Hivernage dans les glaces antarctiques
“ À mi-hauteur des falaises noires, grises ou rouges, flottent des nuages légers comme d’impalpables gazes ; à leur pied reparaît la glace, d’une blancheur éclatante, qui se teinte d’azur au niveau de la mer. Çà et là flottent des icebergs aux arêtes bizarres, aux formes étranges, châteaux enchantés ou grottes azurées. Les glaciers, semblables à de grands fleuves figés, viennent s’épancher et se perdre dans la mer qui paraît toute noire en opposition avec tant de blancheurs. Les sommets, couronnés de glace et de neige, étincellent de mille feux sous le soleil. ”
Élie Philippe Margollé, Les tempêtes (1863)
“ Nous avons vu , à bord d' un bâtiment atteignant le port de refuge , les matelots occupés à dégager l' ancre prise au milieu d' un bloc de glace qui s' était formé à l' avant . La navigation des hautes latitudes est surtout dangereuse par la rencontre des montagnes de glace ( ice-bergs ) détachées de l' immense banquise polaire . Notre courageux et infortuné camarade Bellot en donne souvent la description dans le journal de son voyage à la recherche de sir John Franklin . ”
Auteur : Jules Leclercq, Revue des Deux Mondes
“ Nous rencontrons, çà et là, de grands amas de neige qui ont la dureté de la glace. Nous atteignons, tout en nage, à une heure du matin, un plateau de 360 mètres d’altitude, balayé par un vent glacial, sec, pénétrant, qui fige la sueur sur le corps. La température est de 1°,9. De là nous planons sur une terre de désolation, déserte et nue, d’un caractère dantesque, qui représente l’aspect du globe à l’époque glaciaire, avant que l’homme et la végétation n’y eussent fait leur apparition. Ce paysage est d’une telle grandeur qu’il nous arrache à tous des cris d’admiration. ”
Jules Claretie,
Les Huit Jours du Petit Marquis…
(1920)
“ Eh bien! il y a, là-bas, du côté du pôle, après la région des frimas et des neiges, derrière les hautes montagnes de glace, au delà des brumes pleines de mystères et des glaciers où grelottent, dans leurs peaux de bêtes, les Esquimaux du Groenland; il y a, loin des icebergs formidables, une mer immense et bleue, plus bleue que celle du Bengale, au-dessus de laquelle volent, innombrables et pareils à des flocons de neige, des multitudes d’oiseaux inconnus! ”
Jules Verne,
Le Pays des fourrures
“ L’icefield était horriblement convulsionné, et l’on pouvait même observer, d’après certaines strates très reconnaissables, que plusieurs bancs de glace s’étaient superposés, poussés sans doute par l’irrésistible banquise dans ce vaste entonnoir de la mer Arctique. De là des collisions de glaçons, des entassements d’icebergs, quelque chose comme une jonchée de montagnes qu’une main impuissante aurait laissé choir sur cet espace, et qui s’y seraient éparpillées en tombant. ”
Congrès géologique international, Congrès géologique international… (1893)
“ Whatever their extent, they need to be scrupulously discriminated from the products of both glaciers and glacierderived icebergs. VI. Formations produced by winds .acting on Pleistocene glacial and glacio-fluvial deposits under the peculiar conditions of glaciation.-It is not unreasonable to suppose that the tracts bordering the great glaciers, especially those recently abandoned by them, were exposed to very effective wind action. The differences of temperature between the iceclad fields and the adjacent ice-free lands may be supposed to have induced strong wind currents. ”
Charles Nordmann, Revue des Deux Mondes
“ Le front de ces glaciers s’avance chaque jour de quelques mètres vers la mer en falaises de glace escarpées, hautes souvent de plusieurs centaines de mètres, et qui, lorsqu’elles ne sont pas soutenues par la terre ferme, se brisent et se mettent à flotter en formant les icebergs. ”
Charles Martins, Revue des Deux Mondes
“ Nous passons devant les deux grands glaciers; ils se réunissent en arrivant à la mer, qui les démolit sans relâche. Nous voyons des glaces détachées du glacier flotter à la surface de l’eau, et porter des pierres et du sable incrustés dans leur épaisseur. Nous les accrochâmes avec les gaffes pour choisir les échantillons de roches. Un morceau de glace fut même déposé dans le canot afin de le fondre à bord et de recueillir le résidu de la fusion. ”
Thomas Henry Huxley,
Physiographie, introduction à l'étude de la nature…
(1892)
“ Les déblais les plus fins qu'emporte l'iceberg se délayent dans l'eau au milieu de laquelle la glace se fond et les courants peuvent les entraîner au loin jusqu'aux latitudes méridionales. Si un glacier vient à descendre sur le bord d'un lac, on voit se reproduire exactement ce qui se passe dans la formation d'un iceberg. Une langue de glace est poussée dans l'eau, des icebergs s'en détachent et flottent en dérive, emportant leur cargaison de débri de moraines destinés à se répandre sur le fond du lac lors de la fonte de la glace flottante. ”
James Fenimore Cooper,
Les Lions de mer
“ Et lorsqu’on a vu sur le rivage d’un lac ou d’une rivière la force avec laquelle s’avance un glaçon poussé par une brise ou un courant, on peut se former une idée de la majesté du mouvement d’une plaine de glace qui avait des lieues de diamètre, et qui recevait l’impulsion d’un vent de l’Océan, de courants et de lourdes montagnes de glace qui dérivaient vers cette vaste plaine. ”
Charles Martins, Les Glaciers actuels et la Période glaciaire
“ Un glacier n’est en définitive que l’accumulation des différentes couches de neige de l’hiver de chaque année, qui se superposent et se convertissent en névé, puis en glace, par suite de la fusion, de l’infiltration de l’eau et de la pression des parties supérieures. ”
Alfred Driou, Voyage au Pôle arctique et découvertes des terres-polaires (1876)
“ Je ne puis m'arrêter ici à parler des fleuves de glace et de leur marche continue, incessante. De même que dans nos Alpes, du sommet de leurs montagnes des vallées polaires descendent lentement, mais sans que rien les arrête, les glaciers, cherchant les niveaux inférieurs. Arrivent-ils à la mer? ils prennent leur flottage dans les eaux et deviennent des icebergs effrayants d'altitude et de formes colossales, des banquises gigantesques, ou des champs de glaçons. ”
Eugène-Louis Bouvier, Histoire naturelle (première année… (1895)
“ En arrivant à la mer, les glaces abandonnent leurs débris de fond, puis, pressées de bas en haut par l'eau salée, plus dense, elles se brisent et forment des icebergs, c'est-à-dire des montagnes flottantes de glace. ”
Julien Thoulet, Un voyage à Terre-Neuve (1891)
“ La glace est en strates azurées ou légèrement grises, disposées parallèlement et plus ou moins inclinées sur le plan de flottaison, percées de trous, de creux, de cavernes où la lumière dessine des ombres d'une incomparable douceur. L'ensemble charme, étonne et effraie tout à la fois. Nous lui envoyons un obus la détonation retentit, on suit le projectile, il atteint le but, s'y enfonce, éclate, une faible avalanche glisse dans la mer, les nuées d'oiseaux qui couvraient le sommet comme autant de points noirs s'envolent à tire-d'aile et l'iceberg continue tranquillement sa route vers le sud. ”
Louis d' Orléans-Bragance, Dans les Alpes, 1896-1899. Mont-Blanc… (1901)
“ Le cœur joyeux, nous nous engageons sur le glacier; le chemin d'ailleurs est aujourd'hui facile, la neige nouvelle a rempli la plupart des crevasses, et seules, les plus grandes, faciles à contourner, nous montrent leurs fonds aux teintes bleues, vertes, effrayantes. Nous longeons ici des séracs magnifiques dont les uns ont plus de 10 mètres de hauteur, énormes blocs de glace aux nuances vertes, prêts à s'écrouler sous la poussée du glacier dont ils symbolisent la puissance et à broyer tout ce qui se trouvera sous eux. ”
Emile Bouant, Les grands froids
“ Les terres enveloppées de glace, qui se joignent à l'Océan solidifié pour arrêter les explorateurs les plus intrépides, présentent un spectacle plus triste encore que celui des icebergs et des banquises. ”
