“ En vérité, on ne me fera jamais croire que la butte Montmartre puisse tenir là dedans ! — Elle y tient, cependant, répondit le capitaine Servadac, et je compte bien que nous l’y retrouverons ! — Et moi donc, mon capitaine ! Mais, dites-moi, sans vous commander, si la comète de M. Rosette n’avait pas dû retourner à la terre, est-ce qu’il n’y aurait pas eu moyen de l’y obliger ? — Non, mon ami, répondit le comte Timascheff. Aucune puissance humaine ne peut déranger la disposition géométrique de l’univers. Quel désordre, si chacun pouvait modifier la marche de sa planète ! ”
Jules Verne
Résumé
Hector Servadac, roman de Jules Verne paru en 1877, explore l'extravagance scientifique et l'aventure à travers la rencontre inattendue de la Terre avec une comète. L'auteur imagine les conséquences astronomiques et sociales de ce phénomène, avec des personnages comme le capitaine Servadac et le professeur Rosette confrontés à des défis physiques et politiques.
Ce récit, publié dans la collection Voyages extraordinaires, mêle fantaisie et rigueur scientifique, tout en abordant des thèmes de coopération internationale et de nostalgie terrienne. Son originalité réside dans l'extrapolation audacieuse d'hypothèses astronomiques, marquant une étape clé dans l'évolution de la science-fiction.
Citations de Hector Servadac (Jules Verne)
“ Après une minutieuse observation, il crut pouvoir affirmer que ce n’était point la lune. Il ne reconnaissait pas sur ce disque pâli ces jeux de lumière et d’ombre qui lui donnent en quelque sorte l’apparence d’une face humaine. Il n’y retrouvait aucune trace des plaines ou mers, ni de cette auréole de rainures qui rayonnent autour du splendide mont Tycho. « Eh non ! Ce n’est pas la lune ! dit-il. — Pourquoi n’est-ce pas la lune ? demanda Ben-Zouf, qui tenait particulièrement à sa découverte. — Parce que cet astre-là possède lui-même une petite lune, qui lui sert de satellite ! » ”
Jules Verne,
Hector Servadac
(1877)
“ « Le volcan! s'écria-t-il, c'est le volcan que nous avons doublé au retour de la Dobryna! » Et, comme inspiré : « Lieutenant Procope, là est la demeure que nous cherchons! ajouta-t-il. Là est une habitation dont la nature fait tous les frais de chauffage! Oui! cette inépuisable et ardente lave que déverse la montagne, nous saurons bien l'employer à tous nos besoins. Ah! lieutenant, le ciel ne nous abandonne pas! Venez! venez ! Demain, il faut que nous soyons là, sur ce littoral, et, s'il le faut, nous irons chercher la chaleur, c'est-à-dire la vie, jusque dans les entrailles de Gallia ! » ”
