F. de Silva

Résumé

F. de Silva Souvenirs et esquisses (1864)

M. de Rumilly observait silencieusement le caractère de sa jeune cousine. Un matin, il dit à sa femme, en secouant la tête : — J'ai grand'peur, Adèle, qu'Anna ne soit jamais qu'une jolie poupée; y a-t-il un bon cœur sous cette charmante enveloppe? J'en doute.
- Tant qu'on doute, on peut espérer, mon ami, répondit madame de Rumilly. Anna regrette ses parents; elle les regrette sincèrement. Laissons-lui le temps de s'attacher à nous. Je m'aperçois que quelque chose a tout-à-fait manqué à son éducation ; ce quelque chose qui, élevant l'àme au-dessus de la terre, brise l'égoïsme et l'orgueil.
Source : Gallica

F. de Silva Souvenirs et esquisses (1864)

Sans rougir, n'accepte-t-on pas de Dieu mille bienfaits? Du moment où, grâce aux prières du jeune Pepito, je suis entré ici, j'ai juré en mon âme, que ma vie, mes forces appartiendraient désormais aux Galvez. Celui qui le veut fermement s'acquitte toujours. Du reste, si je ne le puis, la Providence s'en chargera ; elle est assez riche pour tout payer.
Dès qu'il avait un instant de libre, le zouave venait le passer auprès du lit de Francisco ; il lui apportait des cigarettes et les plus belles grappes de raisin qu'il pouvait rencontrer; car, au mois de janvier, on en trouve encore à Madrid.
Source : Gallica

F. de Silva Souvenirs et esquisses (1864)

On prétend que son père se ruine à satisfaire ses caprices; elle a la réputation d'être coquette, étourdie, enfant gâtée, dépensière à ne pas mettre deux fois la même parure.
— Laisse-moi tranquille avec ton vilain monde et ses jugements, interrompit Louise ; il ternit même ceux qu'il flatte. Cette pauvre Anna est futile, légère, c'est possible, mais elle n'a pas la moitié des défauts qu'on lui prête et vous pouvez m'en croire sur parole, car je n'ai pas pour elle, comme Marie, d'amitié qui me puisse aveugler.
Source : Gallica

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