François Fabié

François Fabié

Résumé

Portrait de François Fabié François Fabié La Poésie des bêtes

Puis, ses longs bras sur l’homme en craquant se courbèrent.
L’homme cria, le tronc rugit, tous deux tombèrent,
Et le bois applaudit dans ses antres profonds.
— Comme une ardente fleur d’où le poison s’exhale,
Et qu’on foule en passant parmi les gazons gras, —
Quand le hêtre croula sous la hache brutale,
Le pivert, étendant ses deux ailes d’or pâle,
Fut écrasé sur l’homme et mourut dans ses bras.
Pour faire au bûcheron le sombre habit sans manches
Que l’on ne quitte plus une fois qu’on l’a mis,
On tailla dans le tronc quatre solides planches.
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Portrait de François Fabié François Fabié La Poésie des bêtes

D’un homme et d’un pivert, tous les deux bûcherons.
— L’un couchait sur le sol les grands chênes celtiques ;
L’autre auscultait le sein des longs bouleaux phtisiques,
Et, pour passer le temps, y creusait des trous ronds
Leur amitié venait d’une commune haine :
Tous deux s’étaient promis, unissant leurs efforts,
D’extirper du coteau sapin, fayard et chêne,
Et de rendre le bois aussi nu que la plaine.
L’un frappait les plus vieux, et l’autre les plus forts.
Dès que sous les rameaux un rayon de lumière
Faisait fuir les lapins en maraude surpris,
Homme et pic travaillaient.
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Portrait de François Fabié François Fabié La Poésie des bêtes

Puis, un homme sinistre, écartant la broussaille,
Son fusil sous le bras, à la hâte s’enfuit...
Qu’as-tu fait, malheureux ! et quelle est ta victime ?
Ô misère ! un poëte, un chanteur, un oiseau,
Un père qui veillait auprès de son berceau,
Tout en disant au ciel sa prière sublime !...
L’homme sera toujours Caïn le meurtrier !
Ô Nature ! tes fils du bois et de la plaine
Boivent en paix la vie à ta mamelle pleine ;
L’homme seul mord ton sein, mère, et te fait crier !
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