Félix Julien

Résumé

Félix Julien Les commentaires d'un marin (1870)

C'est si triste d'ailleurs qu'un vaisseau en détresse! Les voiles en lambeaux, la màture brisée, les cordes emportées, tordues, échevelées. Et puis, ce noble corps, cette coque arrondie, ces rangées de canons, ces courbes gracieuses, tout ce chef-d'œuvre enfin de l'art et du génie, cet imposant ensemble de la puissance humaine, tout cela balayé par la mer, démoli pièce à pièce, englouti sous l'écume, perdu dans les brisants.
Rien n'est plus douloureusement beau que le naufrage d'un grand vaisseau de guerre. Marceau eut le bonheur de sauver le Pembroke d'un semblable désastre.
Source : Gallica

Félix Julien Les commentaires d'un marin (1870)

Pour le marin, en effet, tout est autour de lui un signe indicateur : l'aspect du ciel, la forme des nuages, la couleur de la mer, la profondeur des eaux. La science peut lui révéler les lois de la tempête; mais au cœur du
cyclone, il reconnaît la voix de Celui qui l'ordonne ; il s'incline, et invoque Celui qui soulève et les vents et les flots.
Ce qui le sauvera toujours des désolations du néant, c'est la grandeur de la lutte, c'est le danger de sa noble carrière. Il faut que le marin porte en haut ses regards, car n'est-ce pas au ciel qu'il demande sa route?
Source : Gallica

Félix Julien Les commentaires d'un marin (1870)

En août 1846, la corvette de guerre la Seine voulant franchir, par une passe encore mal explorée, le grand récif qui entoure la Nouvelle-Calédonie, vint donner sur un banc, dans le sud de Balade, à deux lieues de la côte.
A peine échouée par l'avant, la corvette, sous l'action du vent et de la mer du large, s'engagea de plus en plus sur son lit de corail; elle le franchit, mais, hélas! son flanc était ouvert; l'eau dominait les pompes. La nuit tombait, il fallut songer à sauver l'équipage. On le jeta à terre, et on n'eut que le temps de prendre de la poudre
et des armes.
Source : Gallica

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