Résumé

H. Moysset Revue des Deux Mondes

Car ils n’ont pas une âme de petit rentier dont l’argent sonnant satisfait le plus profond désir. Ils convoitent un bien dont le prix dépasse leur épargne ; ils empruntent, non plus à l’usurier, comme jadis, mais à la banque polonaise la somme qui leur manque, et repartent pour l’Allemagne. La « faim de la terre » les mène et fait d’eux une force redoutable dans la lutte des deux nationalités, depuis qu’elle est devenue une dispute du sol. Plusieurs banques particulières se sont donné pour tâche exclusive la défense du sol polonais.
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Chaque circonscription tient tous les ans une assemblée particulière où l’on présente le tableau des progrès économiques accomplis, où l’on discute des rapports, où les hommes de valeur font leurs preuves et se mettent en vue. Au printemps, une assemblée générale a lieu ; chaque association y envoie son président et un délégué. On la fait coïncider avec l’assemblée des grands propriétaires et la ville de Posen voit, pendant une « semaine agricole, » défiler dans ses rues un millier d’hommes qui sont l’image réduite d’une force dont Bismarck n’avait évidemment pas prévu le développement.
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Cependant, un mouvement de résistance se dessina, s’affirma dans la Chambre des seigneurs où siège la vieille noblesse qui forme la clef de voûte de l’Etat prussien. Le 30 janvier 1908, le chancelier de l’Empire proclama la patrie en danger ; il fit parler Bismarck, et la loi d’expropriation, votée le 27 février, créa dans deux provinces un régime d’exception pour la propriété de deux millions d’hommes, sujets prussiens depuis plus d’un siècle. La Prusse terrienne était vaincue par les professeurs, les manieurs d’argent, les bourgmestres des villes de l’Ouest industriel.
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