Henriette Célarié

Résumé

Henriette Célarié Revue des Deux Mondes

La menace n’est pas vaine. Ainsi que le remarque un de ces petits, avec les Boches ce n’est pas comme avec les Français ; quand ils vous disent qu’ils vous feront une chose, ils vous la font toujours « recta. »
Ce que les Allemands ont pu inventer pour faire plier la résistance héroïque qui dressait nos enfants contre eux dépasse tout ce qu’on pourrait imaginer. Jamais la volonté de torturer ne s’est affirmée plus tenace, plus cruelle chez nos ennemis. On est épouvanté, quand on songe à ce qu’il faut de férocité naturelle pour traiter ainsi des enfants, des êtres sans défense.
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Henriette Célarié Revue des Deux Mondes

LES OTAGES FÉMININS
DANS LES
CAMPS DE REPRÉSAILLES Qui dit : « camp de représailles, » avouent les Allemands, dit : « camp de souffrances. » D’en avoir infligé le supplice, non seulement à des soldats prisonniers, mais à des civils et, parmi ceux-ci, à des femmes, n’est pas l’un des moindres crimes dont au « maître jour, au jour juge de tous les autres, » nos ennemis vont avoir à répondre. Nous avons entre les mains le journal d’une Laonnoise, Mme V... ainsi emmenée en otage.
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Henriette Célarié Revue des Deux Mondes

« Comme nous étions dans la région de Carvin, un de mes camarades veut se sauver à Lille. Les Boches le rattrapent, le mettent au cachot dans une cave où, sur le sol, il y avait une couche de boue et d’ordures plus haut que la cheville... »
Et, d’abord, en arrivant du grand jour, le condamné est comme aveugle. Tout d’un coup, venant d’un des angles, il entend des grognements, des gémissements. Il se tourne. Ses yeux se sont faits à la pénombre.
Un Russe est là qui, vautré dans la boue, ronge un bâton. Il agonise, épuisé par la faim, il râle et meurt.
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