J.-G. Bordot, Napoléon en Champagne : épisodes de l'invasion de mil huit cent-quatorze (1854)
“ Allons donc, reprit-il en toussant comme pour se dominer lui-même, tout ça c'est des bêtises; on est soldat ou on ne l'est pas. Pour nous il n'y a pas de femme, il n'y a pas d'enfants; il n'y a qu'une famille: le régiment; qu'une patrie : le drapeau; et puis,avant le régiment et le drapeau, l'Empereur ! Pour celui qui court le monde, le fusil et le sac sur le dos, exposé à chaque instant à recevoir une balle et à passer de vie à trépas du jour au lendemain, c'est absurde de se créer des attachements, et d'exposer une pauvre femme à devenir veuve, un pauvre enfant à devenir orphelin. ”
