Jacques Demogeot

Résumé

Jacques Demogeot,  Revue des Deux Mondes

“ C’est qu’en effet dans toute littérature il y a deux sentimens créateurs : l’enthousiasme et la moquerie. A dire vrai, ce sont deux forces qui mènent toute société ; l’une l’entraîne vers l’idéal, c’est-à-dire vers l’avenir ; l’autre la pousse hors du présent et la contraint à marcher. Celle-ci, comme dit Schelling, est la véritable Némésis, l’invisible puissance ennemie du présent, en tant qu’il s’oppose à la naissance de l’avenir.
Cette double inspiration, manifeste dans la littérature ancienne, ne pouvait manquer au moyen-âge, époque si vivante et si originalement complète.
”
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Jacques Demogeot,  Revue des Deux Mondes

“ Ils raillèrent tour à tour les chevaliers, les vilains, les femmes surtout, et plus encore les maris. Leurs bons mots contre les provoires ne sont pas l’indice d’une conjuration contre le clergé : ce n’est que gaieté d’esprit, verve de bon sens, qui frappe l’abus non comme injuste, mais comme bouffon. Ils jetèrent la satire au hasard et à pleines mains sur la grande route du ridicule : par malheur, le clergé passait.
On a vu, par tout ce qui précède, que la forme poétique de la satire française au moyen-âge, c’est surtout l’action et le récit.
”
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Jacques Demogeot,  Revue des Deux Mondes

“ De quelle bruyante gaieté devaient retentir les vieux manoirs des vrais et antiques barons, quand le trouvère traçait ce grotesque portrait du vilain anobli ! C’est la première satire contre les parvenus. Je ne puis m’empêcher de remarquer cette taille athlétique, ces grossières, mais colossales proportions que la poésie chevaleresque prête à l’enfant du peuple ; elle a beau en rire, on dirait presque qu’elle en a déjà peur. Du reste, cette moquerie n’a rien d’acerbe ni de méchant. Jehan de Flagy n’attaque qu’à armes courtoises ; c’est de sa part un jeu, non un combat. ”
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