Jean-Baptiste-Claude Delisle de Sales

Résumé

Jean-Baptiste-Claude Delisle de Sales,  De la philosophie de la nature… (1777)

“ Quelle est la puissance qui peut captiver la pensée d'un être intelligent? Elle est libre malgré les sophismes d'un fanatique, les caprices d'un divan, ou le cimeterre d'un despote.
S'il y a des ames qui soient devenues esclaves, il ne les faut chercher que parmi les hommes mal organisés, les despotes & les persécuteurs.
L'ame, par la pensée, secoue le joug de toutes les puissances de la terre ; elle franchit aussi les limites de la nature, & parcourt l'immense région des abstractions ; il ne lui en coûte pas plus pour créer des monstres que pour percevoir des objets sensibles
”
Source : Gallica

Jean-Baptiste-Claude Delisle de Sales,  De la philosophie de la nature… (1777)

“ Tout ce qui agit avec mollesse sur les organes du sentiment fait naître le PLAISIR; mais si ces sensations causent dans les fibres nerveuses des secousses trop violentes, elles produisent là douleur. Il n'y a rien qui approche plus de la douleur qu'un grand PLAISIR.
Grâce à l'activité de notre imagination, la jouissance continue des plaisirs modérés nous devient insipide; il faut qu'ils deviennent à chaque instant plus piquans pour pouvoir nous affecter : voilà pourquoi le bonheur est déjà loin de nous, que notre ame altérée le chercha encore.
”
Source : Gallica

Jean-Baptiste-Claude Delisle de Sales,  De la philosophie de la nature… (1777)

“ Pythagore étoît attentif à ce grand spectacle; son ame sembloit avoir patte dans ses regards; le colosse lui dit : Cette masse énorme que tu contemples est sensible & organisée; je fuis l'univers; c'est moi qui renferme tout ce qui a existé, tout ce qui respire & tout ce qui doit naître dans l'abyme de l'éternité : tes philosophes cependant ont dit que j'étois sans sentiment, sans organes & sans vie ; ils ont dit un blasphême absurde : comment une matière brute peut-elle donner la naissance à des êtres animés ? ”
Source : Gallica

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