Résumé

Jean Monnet Les moeurs légères au XVIIIè siècle…

M. Monnet se comporta en cette occasion avec beaucoup de prudence. Il fit relâcher ceux qu'on avait mis au corps-de-garde. Il paya les mécontents d'une harangue, moitié plaisante, moitié pathétique qui lui concilia tous les esprits. Jamais représentation n'avait été si lucrative. Toutes les places étaient à six livres; et le théâtre était si rempli qu'il n'y pouvait paraître qu'un acteur à la fois. Il n'y eut point de symphonie, point de ballets; on n'entendit rien, pas même le compliment. On applaudit beaucoup, et tout le monde se retira satisfait, moins cependant que l'entrepreneur.
Source : Gallica

Jean Monnet Les moeurs légères au XVIIIè siècle…

Au moment où on jouait Ernelinde à l'Opéra, on faisait paraître à la foire Saint-Laurent, dans je ne sais quelle pièce, un âne dont un des acteurs vantait la propreté. Mais Arlequin protestait et passait la main sur le dos de l'âne, il s'écriait : « Point si net! Point si net! »
Poinsinet était-il un sot, un sot complet, comme beaucoup de ses contemporains? Non, c'était un imbécile très spirituel ou si l'on préfère, un homme d'esprit très bête. C'est un peu à lui que pourrait s'appliquer le mot bien connu : les imbéciles disent des bêtises, les gens d'esprit en font.
Source : Gallica

Jean Monnet Les moeurs légères au XVIIIè siècle…

Il lit enfin, avec le plus grand air de confiance, et tous les visages, comme montés de concert sur le même Thermomètre, paraissent mornes et glacés. Il n'aperçoit aucun signe de plaisir ni même d'encouragement. Sa lecture finie, avec beaucoup d'embarras de la part du pauvre Poète, qui mendie en vain dans les yeux des assistants quelques suffrages, on fait servir le souper. Tant qu'il dure, on ne parle pas plus de l'ouvrage que si jamais il n'en eût été question. La vanité du petit homme est à la torture, il ne peut plus y tenir.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature