Jean Rosmer

Résumé

Jean Rosmer Les compagnons du salut (1926)

A deux cents mètres en avant, arrêtée auprès d'une
maison en construction, une lourde berline de voyage montrait sa forme imposante.
Sur le siège, un cocher de carrure massive se prélassait, engoncé dans un manteau rouge à quadruple collet, qui sentait l'Angleterre d'une lieue, tandis que debout, à la tête des chevaux, deux postillons minuscules et galonnés faisaient claquer leur fouet.
Les regards de Xavier s'arrêtèrent un instant sur le groupe formé par cet équipage, et tandis qu'il le contemplait, son cœur, engourdi par l'angoisse et l'énervement, se mit à battre d'espoir
Source : Gallica

Jean Rosmer Les compagnons du salut (1926)

Au même moment, débouchant à l'angle d'une rue adjacente, un homme, rouge, essoufflé et suant, le chapeau en bataille et l'habit déboutonné, arrivait, courant à perdre haleine.
C'était le citoyen Mulot.
D'un geste d'impatience il frappa du pied à deux ou trois reprises, interrogea l'horizon désert. Mais rien de ce qu'il attendait, sans doute, ne s'y montrait et sa rage s'en accrut.
N'y tenant plus, il siffla deux ou trois fois entre ses doigts De différents côtés des sifflements prolongés lui répondirent.
« Ah! ils sont là! murmura-t-il. C'est heureux! tout n'est peut-être pas perdu. »
Source : Gallica

Jean Rosmer Les compagnons du salut (1926)

Jalouse, vindicative et méchante, haïssant d'instinct tout ce qui était pur, noble et beau, la jeune Héloïse remplissait auprès de la citoyenne Cocelès les fonctions de servante. Mais tous les bienfaits dont l'avait comblée sa maîtresse, toute l'affection dont l'entourait la douce Thérèse, n'avaient pu trouver le chemin de son cœur, et sans raisons, uniquement pour répondre aux instincts de sa vilaine nature, elle détestait de toutes ses forces les excellentes femmes qui l'hébergeaient depuis qu'elles l'avaient recueillie, tremblante et mourant de faim, sur le pavé de la capitale.
Source : Gallica

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