Jules Cornély,
L'oeil du diable
(1878)
“ Aubryot, en disant ces mots, avait rejeté son chapeau, son manteau, et s'était avancé l'épée nue jusqu'au milieu de la pelouse. Le vicomte, en le voyant venir, subit tout à coup une sensation singulière. Il lui sembla que l'espace s'élargissait autour de lui, qu'il grandissait, que ses sens devenaient plus déliés, ses bras plus puissants, ses jambes plus solides, et que Dieu venait en une seconde de doubler en lui la dose de vie qu'il a accordée à chaque être. Il lui sembla qu'il n'allait avoir que le pied à avancer pour écraser sans fatigue son ennemi comme un insecte. ”
