Résumé

Lettres sur le besoin de quelques réformes en France (1815)

Je sais bien que ce n'est point parce qu'il n'y aura qu'un tribunal par département qu'on doit s'attendre à en voir sortir de grands orateurs ; mais il faut à l'éloquence du barreau une pépinière où doivent prendre naissance les sujets, pour aller ensuite se transplanter dans les grandes villes, dont ils doivent devenir l'admiration et l'ornement. Or, je soutiens que rien n'est plus fait pour étouffer le germe du génie, qu'un petit tribunal où un jeune homme doit chaque jour sentir se refroidir son imagination , et s'habituer à parler continuellement un langage trivial.
Source : Gallica

Lettres sur le besoin de quelques réformes en France (1815)

Tous les lieux ne sont pas propres à devenir les oracles où doit se rendre la justice. Entre le juge et celui qui fait profession de faire obtenir la justice , il doit y avoir dans les rapports un certain éloignement qui empêche de trop confondre leurs intérêts. Or, cette distance ne peut se rencontrer que dans les villes d'un certain ordre , où un magistrat peut vivre sans être assailli par l'esprit des mêmes coteries ; et je dirai même par des liens de parenté : le frottement d'un corps s'imprime sur le fer qui le reçoit continuellement.
Source : Gallica

Lettres sur le besoin de quelques réformes en France (1815)

Une loi faite pour corriger les moeurs, devoit nécessairement rencontrer le caractère de Buonaparte, et se teindre de ses passions, qui lui persuadoient que la violence est le seul soutien d'un gouvernement. Une maxime que cet homme n'a jamais comprise, c'est qu'un législateur ne peut suspendre le cours de ce qui est honnête, et rendre légitime dans un temps ce qui est criminel en soi.
Source : Gallica

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