Résumé

Michelet Madame Henriette d’Angleterre

Quoi de meilleur, pour ouvrir cette grande scène de jugement, que de frapper d’abord dans son palais, chez lui, sur ses amis, sur cette cour flatteuse et moqueuse, sur le brouillon perfide qui s’était joué du roi même ?
La cour, contre Molière, admira don Juan, le trouva parfait gentilhomme. Il ment, il trompe, désespère celles qui l’aiment : à merveille ; les larmes, c’est l’aveu du succès. Il bat celui qui lui sauve la vie... Mais c’est un paysan, on rit. Il est brave, c’est l’essentiel, cela rachète tout, brave contre l’enfer même, et l’enfer a beau l’engloutir, il n’est pas humilié.
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Michelet Madame Henriette d’Angleterre

Madame, éclipsée, un peu seule, languissait au Palais-Royal, lorsque Molière osa lui donner cette fête, une pièce d’opposition hardie, où il a mis son cœur autant que dans l’École des Femmes. Il y mêle la cour, son ménage et sa jalousie, ses amours et ses haines. La prude Arsinoé (la vraie sœur de Tartufe) est évidemment de la pieuse cabale. La sensible Éliante, qui triomphe à la fin, a la douceur d’Henriette. Tous les visages étaient reconnaissables. C’est ce qui amusa le roi et lui fit supporter la pièce. Il aimait à humilier ses amis même.
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Michelet Madame Henriette d’Angleterre

Ainsi Madame conseilla loyalement pour l’un et pour l’autre ; mais, au moment où nous sommes ici, on avait habilement séparé le roi et Madame, séparé et brouillé, occupant l’un de La Vallière et l’autre du comte de Guiche.
Le roi craignait et détestait l’esprit. Si La Vallière le retint, le reprit, c’est que c’était une pauvre fille, toute nature, toute passion, toute orage, un jouet vivant dans ses mains. La chaleur du sang plébéien (elle n’était guère noble par sa mère) fondit la glace royale. Il vit avec surprise tant d’amour, tant d’honnêteté, de remords.
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