Cornelis de Witt 

Résumé

Cornelis de Witt  Revue des Deux Mondes

Il y a encore aujourd’hui beaucoup de partisans de la liberté de conscience à la façon de d’Argenson. Il y en a parmi les indifférens et parmi les croyans. Que ceux-ci ne se fassent pas illusion sur la portée du système de la pacification religieuse par le silence. Il ne supprime la lutte qu’en supprimant la vie. Il ne mène à rien moins qu’à éteindre la foi et à relâcher les freins qu’elle met à la licence des mœurs, et c’était ainsi que l’entendait d’Argenson. Il aimait à vivre sans gêne et sans souci, et il ne pouvait souffrir qu’on lui parlât de la mort et du péché.
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Cornelis de Witt  Revue des Deux Mondes

En effet, « Louis XV approchait de trente ans, » se disait-il ; après une bien longue assiduité auprès de la reine, le jeune roi avait « pris une maîtresse avec laquelle il vivait joliment ; » il commençait enfin à secouer le joug moral du ministre pédagogue, « à se montrer homme de tous points, à devenir les délices de ses sujets. » Le parti du valet devait être le parti de l’avenir, parti patriote, Dieu merci, qui lui « faisait grand accueil, » à lui d’Argenson, et dont le chef, Bachelier, lui paraissait « un homme solide, un esprit ferme et porté à la vertu. »
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Cornelis de Witt  Revue des Deux Mondes

Tel est en effet le vice de toute démocratie : le mérite personnel d’un citoyen illustre et enrichit sa race et procure à ses descendans indignes de lui un pouvoir dangereux à la liberté commune. Voilà comment s’établit le gouvernement aristocratique, que l’on ose pourtant soutenir philosophiquement. C’est un abus grossier et visible qu’on a voulu réduire en système ; l’égalité complète est la perfection. L’aristocratie est à la démocratie ce que la pourriture est au fruit.
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