Résumé

Charles Aubertin Correspondance d’une marquise sous la Régence

A mesure qu’on s’éloigne du monde brillant des d’Argenson et des Caumartin, où, selon le mot si juste de ce même Voltaire, le cœur parlait avec esprit, lorsqu’on descend vers le ban et l’arrière-ban convoqué par la châtelaine de Balleroy, ce n’est pas uniquement le bon vouloir qui diminue, c’est le mérite qui baisse avec le degré de parenté : la marquise, entre tous ses privilèges, avait eu ce bonheur singulier de trouver les meilleurs des hommes parmi ceux qui la touchaient de plus près, les talens les plus distingués réunis au dévoûment le plus sincère pour sa personne.
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Charles Aubertin Correspondance d’une marquise sous la Régence

La marquise de La Cour avait le goût comme le talent de plaire ; dans cet art par excellence, la première de toutes les vocations, c’est la beauté. Les lettres de ses frères nous parlent de « sa jolie figure, » — et les frères en pareil sujet ne sont pas les plus suspects de flatterie ; — elle conserva longtemps dans l’oisiveté de la retraite l’éclat de ces inutiles attraits. Nous voyons en 1718 un de ses neveux déjà marié, le marquis d’Argenson, s’y montrer fort sensible, y faire même une trop libre allusion qu’elle s’était d’ailleurs attirée par une indiscrète curiosité.
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Charles Aubertin Correspondance d’une marquise sous la Régence

Dans les rares entrevues du frère et de la sœur, le jeu les avait parfois brouillés, la marquise n’aimant pas à perdre ; Caumartin, par sa bonne humeur, dissipait aisément ces nuages : « maudites soient les cartes qui eut excité des orages entre nous ! Faisons vœu de n’en plus manier ensemble ; l’union vaut mieux qu’un si léger amusement. » Peu de temps avant la mort de ce frère dévoué, il se glissa entre sa sœur et lui un froid plus durable à propos d’une question très délicate où les intérêts comme les affections de la famille étaient engagés : il s’agissait d’un mariage.
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