Résumé

Pierre-Gustave Brunet Étude sur Francisco Goya, sa vie et ses travaux… (1865)

La nature l'avait doué de dispositions exceptionnelles pour le dessin. Il n'y avait, on peut le croire, nul professeur à Fuen-de-Todos; mais l'enfant s'amusait à jeter, sur le premier endroit venu, des croquis tracés avec n'importe quoi, et enlevés avec une fidélité, une prestesse admirables.
Il venait de retracer sur un mur, avec un morceau de charbon, l'image d'un âne, lorsqu'un moine d'un couvent de Saragosse passa par là, reconnut le mérite que décelait cette esquisse improvisée, et engagea Goya à venir dans la capitale de l'Aragon se livrer à des études plus sérieuses.
Source : Gallica

Pierre-Gustave Brunet Étude sur Francisco Goya, sa vie et ses travaux… (1865)

Il y a déjà une trentaine d'années que, dans la Revue encyclopédique, un critique, le premier peut-être en France qui ait parlé de Goya, signalait tout ce qu'avaient de puissant ces compositions. Dans sa verve âpre et mordante, Goya a profondément compris les vices qui rongent l'Espagne, et il les a peints comme il les haïssait. C'est un Rabelais, le crayon ou le pinceau à la main, mais un Rabelais espagnol, sérieux, et dont les plaisanteries font frémir. Un dessin de Goya en dit plus sur l'Espagne que tous les voyageurs.
Source : Gallica

Pierre-Gustave Brunet Étude sur Francisco Goya, sa vie et ses travaux… (1865)

Deux vieillards décrépits, l'un affublé d'une grande perruque, l'autre hideusement chauve, sont portés sur les épaules de deux hommes qui paraissent fléchir sous le poids. Ils font les picadores; ils frappent de leurs lances un taureau de carton que fait mouvoir un autre individu, dont la tête et le buste disparaissent dans les flancs du quadrupède.
Ainsi va le monde ; nous nous moquons les uns des autres. Celui qui jouait hier le taureau, fait aujourd'hui le cavalier ; la fortune dirige la fête et distribue les rôles d'après l'inconstance de ses caprices.
Source : Gallica

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