Résumé

Théodore Baude Quelques paillettes d'or : essai de contribution aux fêtes du centenaire de l'abolition de… (1947)

Je vis donc peu, je vis mal la Martinique, car je n'y étais plus en voyageur. Je jouissais; je n'observais pas; j'avais cette insoucieuse apathie de l'homme qui a vécu longtemps au même lieu. J'étais créole, j'étais colon de Saint-Pierre, connu et fêté de tous, déjà vieux camarade de cette jeunesse si bonne et si liante.
Voir, observer, mais en avais-je le temps? Une partie de théâtre aujourd'hui, un bal demain; le café, le billard, le jeu, les dîners, des courses en rade, il fallait suffire à tout pour ne désobliger personne. J'étais vraiment l'homme le plus affairé de la colonie.
Source : Gallica

Théodore Baude Quelques paillettes d'or : essai de contribution aux fêtes du centenaire de l'abolition de… (1947)

« C'est une belle race; c'est une race spéciale, aussi particulière à la Martinique que les formes de ses collines»,
Le charme de Fort-de-France est tout dans la merveilleuse nature qui l'encadre: le paysage de collines, dont les gracieuses ondulations vont en s'amplifiant du rivage jusqu'à la chaîne centrale où elles se fondent dans l'unité architecturale de l'île; la mer qui s'anime aux rayons du soleil et se revêt des couleurs du prisme; le ciel d'un bleu si doux, et qui, à l'heure du couchant, s'embrase et enveloppe de ses reflets d'or tout l'occident transfiguré.
Source : Gallica

Théodore Baude Quelques paillettes d'or : essai de contribution aux fêtes du centenaire de l'abolition de… (1947)

Son enfance évoquée se déroule sur ce fond de chaste paysage...
— Oh! que sont loin les horizons de feu, comme, embrasés de désir sous l'étreinte du ciel et de l'océan! C'est une maison entourée de palmiers, une cour où bruit un jet d'eau, une chaleur immense prostrée sur toutes choses; c'est, à Saint-Pierre de la Martinique, le carnaval délirant où de la foule monte une odeur animale; c'est une petite fille en jupon qui joue à l'ombre des tamariniers... Joséphine se souvient....
La petite fille aimait à s'isoler, à sentir la folle langueur des tropiques laudaniser sa chair ingénue.
Source : Gallica

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