Théodore Baude, Quelques paillettes d'or : essai de contribution aux fêtes du centenaire de l'abolition de… (1947)
“ Je vis donc peu, je vis mal la Martinique, car je n'y étais plus en voyageur. Je jouissais; je n'observais pas; j'avais cette insoucieuse apathie de l'homme qui a vécu longtemps au même lieu. J'étais créole, j'étais colon de Saint-Pierre, connu et fêté de tous, déjà vieux camarade de cette jeunesse si bonne et si liante. Voir, observer, mais en avais-je le temps? Une partie de théâtre aujourd'hui, un bal demain; le café, le billard, le jeu, les dîners, des courses en rade, il fallait suffire à tout pour ne désobliger personne. J'étais vraiment l'homme le plus affairé de la colonie. ”
