Résumé

Monchoisy Revue des Deux Mondes

À la Guadeloupe, le paysage est plus grandiose, plus tragique, le roc plus escarpé, le précipice plus effrayant, au pied de la nudité chaude de la Soufrière ; à la Martinique, il est plus familier, avec des lignes plus arrondies et plus caressantes, plus joli, et d’une autre beauté, plus attirante si elle a moins de majesté et de sublimité.
Vue de la mer, cette nature est un enchantement, et le regard ne se lasse pas de la contempler : elle respire la douceur d’être et la joie de vivre. L’impression s’accroît et se divinise quand on habite ces beaux lieux.
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Saint-Pierre est devant nous, s’allongeant en un arc de cercle, au pied des hauteurs que surmontent les Pitons. Et, tout de suite, au nombre des navires alignés dans la rade cependant foraine, à l’agitation qui se manifeste autour du paquebot et sur les quais, on a l’impression d’une activité plus grande, d’une vie plus intense qu’à la Guadeloupe. L’explique qui voudra ou qui pourra ; c’est ainsi. Les hommes et les femmes vont d’une autre allure, plus énergique, plus décidée, la parole est plus vive, et les conversations prennent aisément le tour de disputes, si ce n’est d’altercations.
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Dissimulera-t-on davantage qu’à l’instar de ce qui se passe, par exemple, dans le Roussillon ou en Corse, dans notre Midi ensoleillé et violent, les querelles politiques sont singulièrement enflammées aux Antilles, que l’on s’y maltraite fort par la plume, la parole ou l’épée, quand ce n’est pas par le fusil, et que les luttes des partis y sont tour à tour chevaleresques et perfides ? Fides punica, dit-on, en parlant des hommes de couleur, comme si la mauvaise foi carthaginoise était le privilège d’un climat ou d’une agglomération quelconque.
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