Élie Berthet

Élie Berthet

Résumé

Portrait de Élie Berthet Élie Berthet La marchande de tabac (1883)

Monsieur le marquis, interrompit Mme Morlent en détournant la tête, de pareils sentiments...
– Oh ! ne vous en offensez pas, madame ; que mademoiselle Louise n'en prenne pas ombrage... Quoique, dans le cours de ma vie, j'aie eu bien des passions, nulle autre femme ne m'a jamais inspiré ce que j'éprouve pour elle.
C'est un entraînement qui n'a rien que de pur, continua le marquis ; c'est un mélange de respect, d'admiration et de tendresse...
Source : Gallica

Portrait de Élie Berthet Élie Berthet La marchande de tabac (1883)

Comme personne ne bougeait, Mme Morlent et sa fille s'arrêtèrent après avoir fait quelques pas. Lajeunesse peut bien un tressaillement et essaya de soulever la tète ; son front retomba avec bruit sur la table ; le sommeil était plus fort que sa volonté. Le marquis, de son côté, s'agita un peu, mais ses yeux restèrent clos et il continua ses plaintes.
Les deux dames, immobiles au milieu de la chambre,
étaient donc fort embarrassées, quand M. de Rainville dit d'une voix assez forte encore :
– Ma potion !
Par un instinct machinal, Lajeunesse se leva et s'avança en chancelant vers le lit.
Source : Gallica

Portrait de Élie Berthet Élie Berthet La marchande de tabac (1883)

Stupide timidité ! Je n'ai trouvé encore ni la force ni le courage d'exprimer à cette adorable jeune fille combien je l'aime ! Il n'est pourtant pas difficile de l'approcher ; j'entre quand il me plaît dans le bureau de tabac, et elle est toujours là, douce, patiente, le sourire aux lèvres... Je parviens à lui adresser quelques mots, s'il ne s'agit que de choses indifférentes ; mais, aussitôt que je veux peindre l'état de mon coeur, ma bouche devient sèche, je balbutie, je tremble... et sentant que je ne dis plus que des bêtises, je me sauve tout confus... Oui ! je suis un imbécile...
Source : Gallica

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