Résumé

Portrait de Élie Reclus Élie Reclus La Société nouvelle

Tel un ramier, couvant sa nichée dans un eucalypte à cent pieds au-dessus du sol, suit avec intérêt le manège des bûcherons qui attaquent l’arbre immense à coups de hache, tel le nègre naïf insouciant s’amusait à voir l’Européen construire des blocages, enclore des prairies. Les pauvres hères ne pouvaient se désabuser de leur respect pour l’Européen, être supérieur, d’Outre-Bleu descendu ; ne pouvaient se guérir de l’idée que le fusil était un être vivant.
Source : Wikisource

Portrait de Élie Reclus Élie Reclus La Société nouvelle

Ajoutez à l’attirail une pipe, et le moricaud, vaniteux comme un pou, affectera un superbe mépris pour ses confrères qui vaguent dans la liberté d’autrefois ; il en parle comme le blanc, le désigne par l’épithète injurieuse de mayoll, arbre de la brousse. Dès qu’il a lié familiarité avec le valet de carreau, il cuide avoir pénétré les mystères de la civilisation, se tient pour un gentleman. Il est tout à fait « dans le mouvement » quand il happe une poule égarée et chope un mouton d’aventure ; mais le maître lui pardonne aisément des peccadilles qui au fond ne lui déplaisent pas.
Source : Wikisource

Portrait de Élie Reclus Élie Reclus La Société nouvelle

Après avoir abattu quelques douzaines de sujets, on pourchasse les autres ; les fatigues, la faim, la soif en font périr davantage que les balles. Quand les noirauds ont perdu ce qu’ils avaient de mieux en hommes et en femmes, en fils et en filles, quand ils ont fait assez longtemps de l’héroïsme inutile, et savouré l’atroce misère, ils demandent grâce. Pourvu qu’ils se sentent matés et bien matés, le colon leur octroie volontiers la permission de rentrer, à titre de racaille immonde et d’ignoble valetaille, dans ce qui fut leur patrimoine mille fois séculaire.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature