Résumé

Émile Chasles Michel de Cervantes : sa vie, son temps… (1866)

Quelle douloureuse leçon morale doit-on tirer, quand on réfléchit, de ce vrai poëme épique! Redresser les torts, venger les opprimés, est-ce un projet qu'il faille reléguer parmi les rêves illusoires de notre imagination? Sera-ce un ridicule
de courir après la gloire en dépit de tous les obstacles, et Socrate lui-même ne serait-il que le don Quichotte de la sagesse? Un sourire de Cervantes a anéanti la chevalerie espagnole; d'une seule épigramme, il a rompu le bras droit à sa patrie. L'Espagne, à dater de ce jour, n'en fànta plus que rarement des héros.
Source : Gallica

Émile Chasles Michel de Cervantes : sa vie, son temps… (1866)

Cervantes était prêt. Le 20 septembre, il alla embrasser Sosa et lui dire adieu puis, s'échappant d'Alger, il vint retrouver dans la grotte ses compagnons fugitifs. Ceux-ci, privés de jour, plongés dans la terre humide, étaient malades et exténués. Il les releva en leur faisant entendre ce mot de liberté que jamais il ne prononce dans ses écrits sans émotion et éloquence. « La liberté, dit-il quelque part, c'est le trésor donné à l'homme par le ciel. Pour la liberté comme pour l'honneur, on doit jouer sa vie, car le premier des maux est la servitude. »
Source : Gallica

Émile Chasles Michel de Cervantes : sa vie, son temps… (1866)

Ainsi personne n'échappe à Cervantes, pas même ses amis. Car il goûtait Virgile, il avait imité l'Arioste, il savait par coeur Garcilaso. Mais rien ne l'arrête quand il voit l'usage et l'abus qu'on fait de ses modèles. Il déteste les copistes, les plagiaires, les écrivains à la suite; et de même qu'il attaque dans le roman chevaleresque la fausse aristocratie, il frappe dans la galanterie le faux amour, dans le cultisme la fausse élégance, dans la pastorale une nature artificielle, dans l'Arioste, dans Virgile, dans Garcilaso, leurs imitateurs serviles.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature