Résumé

Émile Montégut Un Roman picaresque en Angleterre…

George Borrow n’a aucun de ces défauts : il ne cherche pas à être simple, brillant ou pompeux ; il n’essaie pas, à l’aide des mots, de lutter avec les ressources de la peinture ou de la musique, d’arriver à des effets pittoresques que le pinceau seul peut rendre, ou d’exprimer des sensations obscures que la musique elle-même peut bien éveiller en nous, mais qu’elle ne réussit pas à exprimer. Sa phrase n’est pas une lanterne magique, une chambre noire, un miroir à facettes ; sa prose n’est pas une palette ni un instrument d’optique, c’est un langage.
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Émile Montégut Un Roman picaresque en Angleterre…

Ce qui me frappe au contraire au milieu de cette lassitude trop générale, et qui ne sera, il faut le croire, que passagère, c’est la vitalité que continue de montrer la littérature anglaise. Les chefs-d’œuvre sont rares en Angleterre comme partout ; mais nous ne cessons de nous étonner du nombre de livres curieux, originaux, instructifs, lisibles surtout, qu’elle produit sans relâche. Surveiller le mouvement de cette littérature, c’est en vérité une tâche qui, si elle est lourde, peut être acceptée et portée avec plaisir, ce que nous n’oserions dire de toute autre littérature.
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Émile Montégut Un Roman picaresque en Angleterre…

Cet amour, sans hypocrisie et sans faiblesse, pour les belles et bonnes choses de ce monde peut nous donner l’explication de la vie aventureuse et de l’originalité de M. Borrow. Comment un missionnaire anglican a-t-il pu se complaire en aussi mauvaise compagnie, comment un homme qui se dit pieux a-t-il pu, sans rougir, entendre les propos de toute cette populace qu’il nous décrit ? Il parle leur langage, il partage leurs habitudes, il prend plaisir à pénétrer leurs secrets. Il saurait, au besoin, empoisonner un porc comme un bohémien, et il connaît toutes les ruses des maquignons voleurs.
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