Émile Zavie

Émile Zavie

Résumé

Portrait de Émile Zavie Émile Zavie Chasseurs de nomades (1927)

Le soleil descend au fond de l’oasis, derrière deux hauts palmiers que sa couleur fait disparaître. De longues traînes roses, puis la palmeraie devient bleue. La rue est paisible. Trois officiers se promènent. La lune va se lever sur la mer et la glacer d’un reflet brillant, c’est bien certain. Nous sortons, Maurice Thuaire et moi. Le brigadier de spahis, avec son visage imberbe, son air jeune et blond se présente pour nous conduire, le temps de prendre son manteau et sa cravache.
Où aller ? Le village est noir, si calme. Il n’y a qu’un endroit où l’on danse...
Source : Gutenberg

Portrait de Émile Zavie Émile Zavie Chasseurs de nomades (1927)

Y aura-t-il assez d’ombre pour nous ? demande Maurice Thuaire.
Il fait très chaud, en effet. Pas d’air. Nous respirons cette atmosphère d’étuve sèche. Nous marchons et il semble que nous nous approchons toujours plus de la gueule ouverte d’un énorme et invisible brasier.
Nul ne parle. Le paysage dénudé avec ses cailloux à perte de vue dans la plaine, nous déprime autant que la chaleur. Sur notre droite, un fortin commande une piste où ne passe personne. Parfois deux, trois chameaux rompent l’immuable ligne d’horizon de leur ligne mouvante.
Source : Gutenberg

Portrait de Émile Zavie Émile Zavie Chasseurs de nomades (1927)

Tout ce que j’abandonne ici, dans cette ville étrangère, dans ce camp exotique, mes regrets, le dépaysement promis, l’inconnu d’un départ, cette émotion qui ne me quitte pas et que j’enferme derrière la barrière de mes lèvres bien serrées, ne vais-je pas déposer tout cela, en partie, du moins, mais déjà dénaturé, dans cette lettre d’adieu à Mercédès, que je termine très vite, sans heurts ni ratures parce que le temps presse et que le pétrole descend dans la petite lampe réglementaire ?...
II
MERCÉDÈS
Fragile amour que le nôtre, pareil à tant d’autres.
Source : Gutenberg

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