Babrius

Définition et enjeux

R. Dareste,  Revue des Deux Mondes

“ Quant à la patrie de notre poète, c’est là un point plus obscur encore. M. Boissonade, et d’autres après lui, pensent qu’il était Romain, et l’appellent même Valérius Babrius. Les preuves ne sont pas, il est vrai, fort concluantes, ou plutôt il n’y en a pas. Après tout, Rome, qui doit Phèdre à la Grèce, peut bien lui avoir donné Babrius. Ce qui paraît certain, c’est qu’il a vécu en Orient.
Ainsi les fables de Babrius sont presque pour nous un ouvrage anonyme. Il nous reste à les étudier comme nous pourrons le faire, c’est-à-dire en elles-mêmes.
”
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R. Dareste,  Revue des Deux Mondes

“ Il y a du moins dans Babrius plus d’une fable qui donne à penser : au temps où il vivait, la religion grecque était tombée dans le mépris, lui-même n’y croit pas [6] , et ce n’est pourtant pas un esprit fort. J’imagine que la philosophie lui plaisait peu, elle tournait trop alors au scepticisme. Sa philosophie à lui, et je lui trouve cette ressemblance avec Horace, est celle de tout le monde ; c’est celle de l’expérience et du sens commun. Dans une de ses fables, un rat qui tombe dans une marmite se noie en s’écriant : J’ai bien bu, bien mangé, il ne me reste plus qu’à mourir. ”
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R. Dareste,  Revue des Deux Mondes

“ Pauvres gens que l’érudition moderne, toujours en quête de nouvelle pâture, est allée tirer de leur sommeil ! Triste présent que l’immortalité quand ce ne peut être que l’immortalité du ridicule !
Au siècle où l’emphase de ces pédans et leurs périodes bien sonores et bien vides paraissaient le type du beau idéal, qui pouvait goûter encore la discrétion et la simplicité d’un écrivain comme Babrius ? Les rhéteurs avaient porté un coup mortel à la fable ; elle se traîna encore quelque temps, puis tomba enfin pour ne plus se relever. Babrius eut le sort de bien d’autres écrivains de l’antiquité.
”
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