“ Nous sommes arrivés à l’un des plus célèbres ouvrages de Guillaume Durand, à celui qui est intitulé dans les manuscrits et les éditions : Rationale Divinorum Officiorum, le Rational ou le Manuel (Enchiridion) des Divins Offices, qu’il acheva en 1284. Cet ouvrage, que nous avons voulu traduire, s’ouvre, comme les autres grands ouvrages de l’auteur, par une assez longue préface, où il explique ses intentions et son plan. Il est à remarquer qu’il s’y nomme « Guillaume, appelé évêque de Mende par la seule indulgence de Dieu » (sola Dei patientia) ”
Citations sur “Guillaume Durand”
Jean-François Fournel, Histoire des avocats au Parlement et du barreau de Paris depuis S. Louis jusqu'au 15 octobre 1790s… (1813)
“ Ses vertus lui valurent une place parmi les saints. On ne connoît guère que lui, dans l'ordre des avocats, qui ait obtenu cet honneur. Dans plusieurs provinces, les légistes ont euxmêmes rendu hommage à sa mémoire, en le prenant pour patron plutôt que pour modele. GUILLAUME DURAND, connu sous le titre de Speculator, né dans le diocèse de Diez en Provence. Après avoir étudié le droit à Lyon en 1250, et parcouru l'Italie, il revint en France, où il se fixa dans la carrière du barreau. ”
“ Celui donc qui est décoré de la gloire du pallium, s’il désire être ce qu’on a dit, doit avoir devant lui la justice, afin de rendre à chacun ce qui lui appartient ; derrière lui la prudence, afin de prendre garde à ce qui peut nuire à quelqu’un ; la force à gauche, afin que l’adversité ne l’écrase pas ; la tempérance à droite, afin que la prospérité ne l’enfle pas. IX. Et on enfonce trois aiguilles sur le pallium, savoir : devant la poitrine, sur l’épaule gauche, et derrière le dos. ”
“ « il y eut encore un autre Julien, originaire d’Allemagne, qui, brûlant de souffrir le martyre, se présentait de lui-même aux persécuteurs, ce qui fit que le proconsul Crispinus ordonna qu’on le mît à mort. En entendant cette sentence, Julien aussitôt s’élança dehors, se présenta intrépidement au bourreau et reçut aussitôt le coup mortel. » Il y eut en outre un autre Julien, frère du bienheureux Julien qui, avec la permission de l’empereur Théodose, renversait avec son frère les temples des idoles, et à la parole duquel un homme qui faisait le mort sur un chariot mourut en réalité. ”
“ M. Le Clerc a raconté avec un grand intérêt, et toujours appuyé sur des documents certains, cette partie, l’une des plus belles et des plus brillantes de sa vie ; nous nous contenterons donc de renvoyer à son excellent travail. Les fonctions dont le Saint-Siège chargea Durand ne furent pas seulement spirituelles ; elles devinrent plus d’une fois militaires. Le futur auteur du Rational nous explique lui-même quelle était la nature de sa charge de gouverneur de la Romagne, dont il devint comte eft 1284, après la mort de Jean de Epa. ”
“ Après la mort de Clément IV, arrivée le 29 novembre de l’année 1286, Durand se trouvait à Viterbe quand les cardinaux procédèrent à l’élection d’un nouveau pape, Grégoire X, qui fut élu après trois ans d’interrègne. Durand, comme attaché à la cour pontificale, assista, en 1274, au concile de Lyon (le quatorzième concile général) [13] , où l’on devait aviser aux moyens de secourir la Terre-Sainte et de faire cesser le schisme des Grecs. ”
“ « L’Esprit saint surviendra en toi, et la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre ; il surviendra en toi en te protégeant et te purifiant de toute souillure, et ensuite la vertu du Très-Haut, c’est-à-dire le Verbe de Dieu, t’ombragera en prenant sa chair dans ton sein, car ce qui naîtra de toi est saint et sera appelé le Fils de Dieu. » En effet, le Christ, qui n’a pas été conçu par le concours de l’homme, naît et est appelé avec raison Fils de Dieu. ”
“ Ce religieux retranche, ajoute, omet à dessein des passages entiers, dénature le reste; on ne sait enfin quel nom donner à cette perturbation que le bon frère a faite au milieu de l’œuvre si calme et si bien ordonnée de l’évêque de Mende. Jean Golein, peu content d’avoir souvent altéré et retranché, dans l’œuvre de Durand, des paragraphes entiers, s’est cru dispensé de traduire le huitième livre, et voici la singulière excuse qu’il en apporte : « Je laisse la huitiesme [partie] aux astronomiens, qui ont à ce plus saine spéculation. » ”
“ Durand, comme ses prédécesseurs et comme les auteurs qui le suivirent, entre autres Raoul de Prestes, au quatorzième siècle, loin de s’asservir à la véritable origine d’un mot, le torturait, le brisait pour y trouver ces traits de lumière qui vous éblouissent comme l’étincelle qui jaillit du caillou. Le moyen-âge avait trop de poésie dans la tête pour s’abaisser à chercher d’où venaient les mots et où ils allaient, comme devait le dire au dix-septième siècle Christine de Suède, qui, dans une phrase, résumait la nature des magnifiques travaux de Gilles Ménage. ”
“ C’est de Lui que les anges disent dans un psaume : « Qui est ce roi de gloire ? — Le Seigneur des armées est lui-même ce roi de gloire. » Car Dieu a autant d’armées sur la terre qu’il y a d’ordres dans l’Église, et autant dans le ciel qu’il y a d’ordres parmi les anges. Or, en nommant les cieux et la terre, les anges et les hommes, pleins de la grâce divine, témoignent à la lettre que les cieux et la terre sont remplis de la grâce divine ; car la divinité est partout, ce qui a fait dire au Prophète : « Si je monte dans le ciel, tu y es ; si je descends dans l’enfer, tu y es encore. » ”
“ Lorsque nous allons processionnellement à quelque église, c’est comme si nous portions nos pas vers la Terre de promission. Lorsque nous entrons dans l’église en chantant, c’est comme si, pleins de joie, nous étions arrivés à la patrie. ”
“ C’est pourquoi l’Eglise, avec raison, laisse de côté les paroles et passe au neume, tombant pour ainsi dire en admiration ; car, si elle prononçait des paroles, quelle voix, quelle parole pourrait rendre ce qu’elle éprouve ? Car les paroles ne suffisent pas, l’intelligence ne saisit pas, l’amour même ne peut exprimer ce sentiment. Qui pourrait raconter dans sa plénitude ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’a pas pénétré dans le cœur de l’homme ? ”
“ La Révolution, en ébranlant le sol même de notre patrie, semblait avoir achevé de détruire le peu de nobles pensées qui devaient sauver le monde ; mais l’esprit du mal fut encore une fois trompé dans son attente, et un avenir plus pur et plus heureux se leva sur la France. ”
“ Et alors il mordit l’enfer, en retirant ses captifs vaincus du lac sans eau ; en les délivrant des maux présents, passés et futurs, et en leur donnant une paix perpétuelle, dont ils jouissent toujours, libres du péché et à l’abri de toute perturbation. ”
“ Si l’eau s’est échappée du rocher pour couler dans le désert, si elle a jailli de la mâchoire d’un âne pour apaiser la soif de Samson, il n’est pas incroyable qu’un parfum odoriférant ne s’échappe des reliques des martyrs, et que la vertu des saints ne coule pour désaltérer ceux qui ont soif du Seigneur. ”
“ Les séquences, en effet, ont des termes d’où coule la louange, et leur chant est doux et suave, parce que dans la vie éternelle toutes choses porteront avec elles leur louange et auront une mélodie céleste, comme celle de l’orgue ; une allégresse d’où s’épanche la douceur coulera en abondance dans cette vie sans fin, qui sera habitée par un peuple d’heureux. ”
“ « Que ta volonté se fasse. » Par ces paroles nous demandons à Dieu de le servir sur la terre sans péché grave, comme les anges et tous les saints, qui le servent dans l’état d’innocence. La volonté de Dieu s’entend de deux manières, à savoir : le bon plaisir éternel de Dieu, et la marque de son bon plaisir temporel. Le bon plaisir éternel de Dieu s’accomplit toujours ; de là ces paroles : « Qui résistera à la volonté de Dieu ? » et : « Tout ce que le Seigneur a voulu, il l’a fait. » ”
“ Car, à prime, le soleil commence à briller ; à tierce, il commence à s’échauffer davantage ; à sexte, il est dans sa plus grande ardeur, comme l’indiquent les paroles des hymnes qui commencent ces heures et même l’heure de none. ”
“ La répétition des mêmes mots est un exercice de pieuse dévotion et la louange de l’ineffable sacrement que l’on appelle avec justice l’Eucharistie, comme on le dira dans la sixième partie du canon aux mots : Qui pridie, quam pateretur. A proprement parler, on fait un présent à un homme, un don à Dieu. ”
“ « Les idoles des nations sont l’or et l’argent, œuvres des mains des hommes. Qu’ils leur deviennent semblables ceux qui les font et tous ceux qui placent leur confiance en elles ! Qu’ils soient confondus tous ceux qui adorent des images taillées, et qui se glorifient dans leurs idoles ! » Moïse dit encore au peuple d’Israël : « De peur que par hasard, jouet de l’erreur, tu n’adores les choses qu’a créées le Seigneur ton Dieu. » ”
“ Touchant la passion de l’ame, le Seigneur dit à ses apôtres : « Mon ame est triste jusqu’à la mort ; » car Jésus commença à être saisi d’ennui et de frayeur : il commença à être triste et abattu. Touchant la compassion de son cœur, il pria son Père pour ses bourreaux, en disant : « Mon Père, pardonne-leur ; ils ne savent ce qu’ils font. » Car s’ils l’eussent connu, ils n’eussent jamais crucifié le Seigneur de gloire. Et c’est pour cela que le prêtre fait ces croix avec l’hostie sur le calice, parce que le Christ souffrit ces tourments dans son corps, sur le gibet de la croix. ”
“ L’automne est froid et sec, et nous jeûnons dans cette saison, afin de ne pas sécher et dépérir par la langueur de notre ame, et de ne pas paraître dans les tabernacles éternels sans la graisse de l’huile ”
“ XVI. Croire à Dieu, c’est croire que tout ce qu’il dit est vrai, ce que les méchants mêmes croient ; nous croyons à un homme, et nous ne croyons cependant pas en lui. Croire Dieu, c’est croire qu’il est Dieu, comme font aussi les démons. ”
“ Mais, puisque nous donnons ce qui nous appartient, et que nous rendons ce qui est à autrui, pourquoi dit-on : « ils rendent leurs vœux, » plutôt que : « ils donnent leurs vœux ? » ou bien, si l’on conserve l’expression rendent, pourquoi met-on leurs vœux, plutôt que les vœux d’autrui ? C’est avec raison que le mot vœu est appliqué à l’homme et à Dieu : à Dieu, à cause de l’autorité de sa grâce ; à l’homme, à cause du libre arbitre ; ce qui a fait dire à l’Apôtre : « Ce n’est pas moi, mais la grâce de Dieu avec moi. » Donner est le propre de l’homme ; mais rendre est l’attribut de Dieu. ”
“ On n’enfonce point l’aiguille sur l’épaule droite, parce que dans l’éternel repos il n’y a aucun aiguillon d’affliction, aucun fouet de piqûre. Car Dieu essuiera toute larme des yeux des saints ; il n’y aura jamais plus de mort, ni de deuil, ni de plainte, ni de douleurs au-delà de celles qui les premières s’en seront allées. ”
“ « Nous louons, mais nous ne suffisons pas à louer, parce que l’excellence de Dieu met en défaut notre langage et notre intelligence. » L’homme donc s’unira à un cœur plus élevé que le sien, et Dieu sera glorifié. De là vient que tous répondent à la fin : Deo gratias, comme s’ils disaient : « C’est une chose qui nous est agréable, » comme c’est une chose pieuse d’être surpassé en célébrant les louanges de Dieu. ”
“ III. Nous avons la foi et l’espérance, les saints ont l’espérance et la réalité ; nous courons dans la carrière, eux ils ont déjà remporté le prix ; nous combattons en chemin, eux triomphent dans la patrie. Nous participons à une même communion, et nous honorons la mémoire des apôtres et des martyrs, surtout celle de la glorieuse vierge Marie, mère de Dieu, afin que par leurs suffrages nous arrivions de la foi à l’espérance, de la carrière au prix, du chemin à la patrie. ”
Julien Lemer, Durand & Cie : scènes de la vie parisienne… (1878)
“ Durand le lut d'un coup d'œil : — Ton mari est digne de toi, ma chérie, dit-il en rendant à sa fille la précieuse dépêche, mais je n'accepterai pas votre sacrifice à tous deux. Ce serait votre ruine, celle de vos enfants. Je ne consentirai jamais à me racheter à ce prix. — Tu t'égares, reprit vivement la vicomtesse; ce n'est pas toi seulement qu'il s'agit de racheter, mais nous tous. N'y eût-il plus qu'un louis dans la poche du vicomte de Solesmes qu'il appartiendrait aux créanciers du grand-père de son fils. ”
Arnaud, La vérité sur les origines de M. Durand… (1877)
“ Or, les listes de recrutement de ces deux années consultées avec le plus grand soin, se taisent absolument sur son nom. Où donc alors M. Durand aurait-il tiré au sort, puisqu'il ne l'a pas fait dans sa commune natale, ce qui est l'habitude générale ? A Dieu ne plaise qu'il vienne jamais à ma pensée qu'il se soit soustrait à un devoir si sacré ! ce serait faire la plus sanglante injure à un patriote si ardent, qui sait parler avec tant d'éloquence de l'amour et du dévouement qu'on doit à son pays ! ”
Arnaud, La vérité sur les origines de M. Durand… (1877)
“ Peut-être un certain public trouvera-t-il étrange, au premier abord, que ce soit moi, curé de la commune natale de M. Durand, qui entreprenne contre lui une semblable campagne. Mais à cette objection la réponse est facile. De quel droit M. Durand est-il sans cesse à nous fouler sous la boue de ses pieds ?' Un ver de terre se retourne quand on l'écrase ; chaque jour, comme prêtre, je suis foulé aux pieds et insulté par lui, et il ne me serait pas permis de me retourner à mon tour? ”
Julien Lemer, Durand & Cie : scènes de la vie parisienne… (1878)
“ Allons, montez vite, et familièrement il poussa Durand dans une victoria attelée d'un superbe cheval qui s'était avancée pendant le colloque. Il n'y avait pas moyen de résister. Moitié de gré, moitié de force, Durand se laissa faire et la voiture contenant le député et le financier, côte à côte, roula rapidement vers le parc Monceau, où le baron possédait un hôtel splendide, une des merveilles de Paris. — Et Mme Durand, comment se porte-t-elle ? interrogea le baron avec bienveillance. Bien, j'espère, ainsi que la vicomtesse de Solesmes. Ah! ”
“ Pense pendant quelques minutes que tu es Mlle Durand, que tu as l’âme remplie d’aspirations élevées, que tu te sens digne du meilleur jeune homme de la ville et que l’on repousse tous tes élans, que l’on rejette tes plus nobles pensées, ton bon vouloir, simplement parce que tu es la fille de M. Durand, concierge d’une fabrique. Tu trouverais sans doute que l’humanité est dure et sans compréhension... ”
Antoine François Marius Rey-Dussueil, La Fin du monde, histoire du temps présent et des choses à venir… (1830)
“ Durand s'empressa de tirer ses longs certificats de capacité, puis il dit que toute son ambition se bornant à vivre, s'il obtenait un emploi de cinquante louis il s'estimerait plus heureux qu'un roi détrôné. M. le chef sourit, et il fit une foule d'observations dont la première était aigre-douce et la dernière un peu plus qu'impertinente. ”
Julien Lemer, Durand & Cie : scènes de la vie parisienne… (1878)
“ Eh bien ! ce n'est pas la conduite que doit avoir un homme qui est dans les affaires. — Neuf heures, dit Peloux en regardant un cartel placé au-dessus du poêle, M. Durand n'est pas encore arrivé. La Chambre est pourtant en vacances et il n'aura pas eu de solliciteurs à son petit lever. — La Chambre entraîne à bien d'autres choses, insinua Gaudinard en hochant la tête. Certes, quand j'ai vu M. Durand élu député j'en ai été bien heureux et bien fier, d'abord pour lui, ensuite pour la maison : mais maintenant j'en serais plutôt à déplorer cet honneur. ”
Julien Lemer, Durand & Cie : scènes de la vie parisienne… (1878)
“ Vous savez bien que la maison Durand est perdue et qu'il n'y a plus d'espoir pour elle. Et un tel accablement se peignit sur le visage du fabricant, tandis qu'il prononçait ces paroles, que Ghislain en eut l'âme saisie. — Regardez-moi bien, fit-il en saisissant les deux mains du vieillard et en se plaçant en face de lui. Ai-j e la mine d'un homme qui raille? — Monsieur le marquis, voulut protester le fabricant. - Eh bien! continua Fréneuse, sans avoir l'air de l'entendre, je vous engage ma foi de gentilhomme que la maison Durand est sauvée. ”
