F. Mercey

Élements biographiques

F. Mercey,  Revue des Deux Mondes

“ Il n’est pas jusqu’à cette langue portugaise, si guerrière et si molle, si retentissante et si naïve, si riche en voyelles éclatantes, qui ne paraisse un interprète, un truchement naturel entre le génie de l’Occident et le génie de l’Asie orientale. Mais ce qui fait le lien de tout cela, est-il besoin de le dire ? C’est le cœur du poète ; c’est ce cœur magnanime qui embrasse les deux mondes et les unit dans une même étreinte de poésie, dans une même humanité, un même christianisme. Vous retrouvez partout une ame aussi profonde que l’Océan, et, comme l’Océan, elle unit les deux rivages opposés. ”
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F. Mercey,  Revue des Deux Mondes

“ Ce peuple ne paraît qu’un moment dans l’histoire, et c’est pour accomplir ce miracle. L’œuvre achevée, il retombe dans le silence. Comme il n’a eu qu’un moment de splendeur, il n’a aussi qu’un poète, un livre. Mais ce poète est Camoëns, qui rouvre à l’imagination les portes de l’Orient ; ce livre est celui des Lusiades, qui rassemble, avec tous les parfums du Portugal, l’or, la myrrhe, l’encens du Levant, trempés souvent des larmes de l’Occident. Pour la première fois, le génie poétique de l’Europe quitte le bassin de la Méditerranée ”
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F. Mercey,  Revue des Deux Mondes

“ Le scepticisme de l’Orient et celui de l’Occident sont aux prises dans le double blasphème de Faust et de Méphistophélès. Chez l’un se mêlent encore à l’impiété l’enthousiasme, l’ardeur de l’ame, l’hymne né de l’aurore, je ne sais quel éclair de désir qui, par intervalle, s’allume dans le chaos. Chez l’autre, tout est subtilité bysantine, ironie, nuit sans chaleur et sans orage, dégoût incurable, poison, sophisme, ennui d’une société vieillie. Deux génies, deux philosophies, deux mondes s’entrechoquent dans ce dialogue maudit. L’Europe a heurté l’Asie. ”
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