Maurice Thiéry

Élements biographiques

Maurice Thiéry Bougainville, soldat et marin (1930)

Peu à peu, les rives s'estompèrent et se fondirent dans le lointain en une ligne confuse. M. de Montcalm se tourna vers son aide de camp qui se tenait à ses côtés et, d'une voix où perçait une nuance de mélancolie : « Quand reverrons-nous ces rives ? »', dit-il. M. de Bougainville, à qui le général s'était adressé, répondit : « Grâce à votre valeur, Monsieur, nous ne pouvons tarder à les revoir.
— Sait-on jamais, Monsieur? répliqua le marquis. La guerre est faite d'imprévus et de hasards. Mais point de sombres pensées. A la grâce de Dieu et pour la plus grande gloire de Sa Majesté ! »
Source : Gallica

Maurice Thiéry Bougainville, soldat et marin (1930)

Le même jour, à dix heures du soir, des feux allumés sur une terre apparurent aux voyageurs. Bougainville ne douta point que cette terre fût l'île de Boero (ou Bourou) dans laquelle la Compagnie hollandaise avait un important établissement. Les premiers rayons du jour lui révélèrent qu'il ne s'était point trompé. Avec un enthousiasme jailli
de l'âme, il décrivit les sentiments que provoqua dans tous les cœurs la vue du port de Cajéli, qui, aux yeux émerveillés des navigateurs, semblait un coin de Paradis transplanté là par quelque gigantesque fantaisie de la nature.
Source : Gallica

Maurice Thiéry Bougainville, soldat et marin (1930)

La favorite du jour, qui devait garder son empire jusqu'à la mort du roi, illuminait la cour de son sourire d'ange. Les fronts les plus hautains se courbaient devant elle.
L'éternel ennui du roi s'était évanoui devant l'insouciance et la bonne humeur de la jeune femme. La joie de vivre renaissait chez le vieux monarque désabusé. Les fêtes se succédaient sans relâche à la cour. Bougainville y prit sa part et
respira le grisant arome d'une civilisation raffinée, dont la seule évocation avait été pour lui un rêve, pendant les trois dernières années.
Source : Gallica

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