Mémoires pour servir à la vie de Voltaire, Voltaire
“ Ses troupes étaient déjà en Silésie, quand le baron de Gotter, son ministre à Vienne, fit à Marie-Thérèse la proposition incivile de céder de bonne grâce au roi électeur son maître les trois quarts de cette province, moyennant quoi le roi de Prusse lui prêterait trois millions d’écus, et ferait son mari empereur. Marie-Thérèse n’avait alors ni troupes, ni argent, ni crédit, et cependant elle fut inflexible. Elle aima mieux risquer de tout perdre que de fléchir sous un prince qu’elle ne regardait que comme le vassal de ses ancêtres, et à qui l’empereur son père avait sauvé la vie. ”
