Résumé

A. Depasse Souvenirs et tableaux poétiques… (1842)

C'est quand la dépouille des bois, Comme un épais linceul, déjà couvre la terre, Qu'il faut venir pleurer au tombeau solitaire Et prier au pied de la croix.
Alors par aucun chant l'âme n'est plus distraite La mésange a gagné sa paisible retraite, L'hirondelle un climat plus doux ; Mais quand d'un ciel glacé la neige à flocons tombe, L'hiver, on voit encore , hélas! près de la tombe La mère ou l'enfant à genoux.
Un sépulcre, une fosae au pied de la colline, oilà le but commun auquel tout s'achemine Par un chemin plus ou moins court.
Source : Gallica

A. Depasse Souvenirs et tableaux poétiques… (1842)

Ou bien en émiettant mon pain, Tu me caresses de ton aile.
Parfois je me prends à songer, Bien douce erreur, chimère étrange, Que, du ciel joyeux messager, Tu pourrais être mon bon ange.
Mon cœur, où vit encor la foi, Comme le malheur est crédule ; D'ailleurs cette croyance en quoi Semblerait-elle ridicule ?
Mon agami, ne vaux-tu pas Bien plus que la plupart des hommes ?
Les parents, les amis ingrats, Fourmillent au siècle où nous sommes.
Avec un cœur qui sait aimer, Une âme si douce et si tendre, Que ne peux-tu mieux exprimer Ce que tu sais si bien comprendre !
Source : Gallica

A. Depasse Souvenirs et tableaux poétiques… (1842)

Comme la tendre mère, au nourrisson qu'elle aime, Prodigue tour à tour ses caresses, ses soins, Le peuple ainsi voulut, en sa tendresse extrême , Non content de fournir à tes pressants besoins, Changer tes longues nuits en de beaux jours de fête.
Du plus loin prévoyant ton glorieux destin , Il aimait de lauriers à te ceindre la tête ; Sur le siège d'honneur te plaçait au festin ;
Qu'étais-tu cependant ? Un enfant, sans patrie, A la mort condamné ; mais son ardent amour, Au prix de ses douleurs voulut payer ta vie ; Du prix de ses bienfaits tu vivais chaque jour.
Source : Gallica

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