Résumé

Abolition de l'esclavage des nègres dans les colonies françaises (1847)

Ne faut-il pas abolir l'esclavage complètement, immédiatement ?
Ne voit-on pas que les noirs sont et seront toujours malheureux, et que leur état ne comporte aucune modification sérieusement bienfaisante. On ne peut pas plus régler humainement la servitude que le crime même.
Tout moyen transitoire est rempli d'écueils, toute espérance d'initiation est une illusion. Il est impossible de comprendre les devoirs du citoyen dans l'esclavage, d'apprendre l'indépendance dans la dépendance. Vouloir enseigner l'usage de la liberté à un homme hors de la liberté, c'est poursuivre un fantôme.
Source : Gallica

Abolition de l'esclavage des nègres dans les colonies françaises (1847)

Mais les crimes spécifiés dont ils sont victimes les crimes propres à l'institution se reproduisent avec une effrayante constance et se reproduiront tant qu'il y aura des esclaves, parce que l'esclavage étant un état de violence ne se peut maintenir que par la violence.
Au surplus le noir le mieux traité a besoin d'être-abruti
pour ne pas souffrir; son bonheur grossier, indigne d'une créature humaine, il faut qu'il ne soit plus homme pour le sentir. On abuse moins du fouet envers lui que par le passé mais cet ignoble instrument de supplice sert toujours à punir ses fautes.
Source : Gallica

Abolition de l'esclavage des nègres dans les colonies françaises (1847)

Il nous reste, au sujet de l'abolition immédiate, à dissiper des craintes que nous respectons, parce que nous les avons trouvées dans quelques généreux esprits, mais qui proviennent de notions mauvaises sur la race esclave.
Des hommes, en petit nombre, il est vrai, mais de bonne foi, croient les noirs hors d'état, dans leur situation intellectuelle présente, d'entrer dans la vie civile; on s'effraie, et l'on fait pour eux du jour de la grande libération le signal du retour à l'état sauvage.
Source : Gallica

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