Achille Segard

Résumé

Achille Segard Jean Gossart, dit Mabuse (1923)

Il y a eu un modèle vivant. On le sent. Mais l'esprit et le cœur de l'artiste, sans s'affranchir tout à fait de la réalité, ont usé librement des éléments que leur offrait la nature pour exprimer un sentiment d'amour surélevé, un élan vers l'idéal, vers l'infini, vers la beauté fine et tendre, la délicatesse extrême, la bonté suprême. Je ne connais guère de vierge qui soit plus belle ni plus touchante.
L'enfant est à peine moins émouvant. Il est nu, potelé, d'un dessin et d'un modelé charmants, d'une expression de
visage très tendre, très ingénue et très attentive.
Source : Gallica

Achille Segard Jean Gossart, dit Mabuse (1923)

Albert Dürer, même dans ses tableaux, dessine par les ombres, et il les voit en graveur, c'est-à-dire par oppositions nettes qui mettent le contour, c'est-à-dire la ligne en pleine valeur; Mabuse, au contraire, voit le ton pénétré d'ombre et, pour donner une impression d'ombre, il peint coloré, mais en opposition avec un ton brillant. Ses ombres ne sont jamais noires. Ses yeux de peintre avaient besoin de se réjouir partout et de voir par conséquent partout de la couleur. Quelque minutieux qu'ils puissent être, les tableaux de Mabuse sont toujours dénués de sécheresse.
Source : Gallica

Achille Segard Jean Gossart, dit Mabuse (1923)

Il est bon que l'instinct et l'élan du cœur ou de l'imagination emportent l'artiste pour ainsi dire au delà de lui- même. Elan sentimental ou mystique de Memling, lyrisme fougueux de Metsys, ardeur intellectuelle de Léonard, jaillissement oratoire de Rubens, ces grands mouvements d'âme sont les seuls qui, au delà du tableau, donnent l'élan au génie. Ce n'est pas faire grand éloge à un artiste que de constater sa constante maîtrise de soi. Les grandes impulsions du génie comportent toujours une part importante d'inconscience. Or, Mabuse est un bon artisan très appliqué.
Source : Gallica

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