Résumé

Adolphe Huard Mémoires sur Charlotte Corday… (1866)

Les passions d'une faible femme pouvaient-elles trouver place dans son cœur tout entier à la patrié ? Charlotte Corday ne fut ni fragile, ni coquette, ni dévote; elle était républicaine, et dans ce sentiment étaient toute sa vie, tout son avenir. Versée dans la lecture des anciens, elle se représentait ces fières et vertueuses Spartiates ou Romaines qu'ont dessinées Plutarque et Tite-Live.
Elle voyait dans Marat encore pis qu'un Hippias, qu'un Tarquin ou qu'un Appius Claudius. Heureuse si elle eût pu le frapper au milieu d'une fête ou d'un combat, ou l'atteindre sur sa chaise curule!
Source : Gallica

Adolphe Huard Mémoires sur Charlotte Corday… (1866)

« Ce n'est pas tout que de mourir, dit la jeune inspirée, il faut encore bien mourir! »
N'est-ce pas là une pensée d'humilité toute chrétienne. - Charlotte Corday ne craint pas de mourir lâchement: car son courage est supérieur au supplice qui l'attend ; mais elle redoute de ne pas mourir selon Dieu ! — La foi reparaît au pied de l'échafaud, chez lajeune Romaine.
Un moment entraînée par le souvenir des héros de Plutarque, Charlotte Corday s'est peut-être égarée dans le labyrinthe de l'athéisme ; mais la noble fille.
Source : Gallica

Adolphe Huard Mémoires sur Charlotte Corday… (1866)

Charlotte Corday regarda les Montagnards fixement, avec dignité, sans rien perdre de son assurance.
La Minerve moderne semblait dire aux fiers tribuns, amis de Marat : « — Bientôt l'hydre de la Révolution vous dévorera, comme vous dévorez aujourd'hui tout ce qu'il y a de républicains généreux en France ! Quiconque se sert de l'échafaud pour faire triompher une idée, périra par l'échafaud. » A l'arrivée de la charrette sur la place de la Révolution, la condamnée ayant fait un léger mouvement, Sanson se plaça vivement devant elle pour lui dérober la vue de la guillotine.
Source : Gallica

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